WHITE : THE MELODY OF THE CURSE
WHITE : THE MELODY OF THE CURSE
Lorsqu’un fantôme te regarde dans le blanc des yeux
Par Marybel Gervais
En Corée du Sud, les groupes de musique K-pop sont extrêmement populaires. Un phénomène sensiblement comparable aux « boys bands » et « girls bands » américains et leur fan-club. Les adeptes de K-pop, majoritairement des adolescentes, ne vivent que pour leurs idoles qu’elles placent sur un piédestal. De l’autre côté de la médaille, ces mêmes idoles doivent leur ascension à leurs fans. Un jour, les chansons de ces vedettes passent en boucle à la radio et le lendemain, leur carrière est terminée sans possibilité de rappel. Un vrai feu de paille. C’est dans ce contexte culturel et contemporain que Kim Sun et Kim Gok (réalisateurs et scénaristes) ont placé leur histoire de malédiction fantomatique. White : the Melody of the Curse s’engouffre dans votre tête comme un refrain accrocheur grâce à son mélange de demoiselles stylées rose bonbon, sa musique rythmée entraînante et son impitoyable facilité à titiller vos tripes.
Quatre jeunes femmes hétéroclites forment le groupe les Pink Dolls. Mais leurs efforts individuels pour propulser leur carrière au sommet laissent leur auditoire de glace. Il leur manque cette étincelle qui jette la poudre aux yeux des fans du genre. L’aînée et, prétendument, la leader du groupe, Eun-ju, est sur le point de mettre un terme à sa profession lorsqu’elle met la main, par hasard, sur une cassette étrange dissimulée derrière une porte-miroir de leur nouveau studio. En l’écoutant, Eun-ju et la productrice des Pink Dolls reconnaissent que la chorégraphie et la chanson du vidéoclip nommée White sont inconnues et, qu’en se l’appropriant, elles pourraient changer l’image du groupe. Le bémol pour les filles c’est qu’il doit y avoir une chanteuse principale. Les compagnes d’Eun-ju sont extrêmement compétitives et elles sont prêtes à tout pour obtenir ce poste qui leur permettraient de briller de mille feux. Lorsque le choix s’arrête sur Ah-rang, les deux autres sont vertes de jalousie. Sans avoir réellement le temps de savourer sa réussite, un accident arrêtera abruptement la carrière d’Ah-rang. Puis celle de sa remplaçante. Inquiète, Eun-ju commencera à sentir que quelque chose ne tourne pas rond. Ses recherches aboutiront à une théorie paranormale impliquant une malédiction émise par la compositrice de White. Tout porte à croire que ces soi-disant accidents sont l’oeuvre d’une incarnation maléfique.
Parsemé de « screem queens » poussant leur note à l’extrême, White prend par surprise même les mieux préparés à l’expérience. Dans la même veine que les récits d’entité fantomatique hostile et vengeur de Ringu (Hideo Nakata, 1998) et Shutter (Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, 2004), on nous transporte dans une panoplie de scènes inconfortables. On en vient à craindre les formes humaines floues tapies dans la noirceur. L’intrigue est relativement complexe et est difficile à démasquer. C’est une production suivant parfaitement les barèmes établis par le genre. C’est justement ce que les vrais adeptes recherchent, un souffle anticipé sur la nuque qui glace le sang malgré tout. Si vous êtes du genre à passer une nuit blanche lorsque vous écoutez un film d’esprit meurtrier, vous aurez bien du mal à dormir après votre visionnement de White : the Melody of the Curse.
C’est le troisième projet commun de ce duo fraternel de réalisateurs/scénaristes. Ayant butinés un peu chacun de leur côté, ils ont décidé de refaire équipe afin de développer White. La crédibilité du contexte du film (bon, je ne parle pas de fantômes ici mais plutôt de K-pop) est indéniable. Sans un contexte solide, la plus formidable des histoires fait chou blanc ! Alors, petit conseil si vous souhaitez écouter White (ce que vous ferez, bien entendu), ne fermez pas trop souvent les yeux, car vous allez manquer le meilleur !
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WHITE : THE MELODY OF THE CURSE sera présenté en première québécoise le 1er août à 17h15 dans le Théâtre Concordia Hall. Plus d’info sur ce film ICI.
août 1, 2012
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