TOUT COMME VOUS

TOUT COMME VOUS
Le carnage et la convoitise dans REPLICAS de Jeremy Power Regimbal
Kier-La Janisse
(Traduit par Emilie Christiansen)

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Le festival de l’an dernier possédait presque une programmation spéciale inconsciente sur les films d’invasion de domicile avec Knifepoint de Jed Strahm, Kidnapped de Miguel Angel Vivas et une projection de répertoire de Death Weekend de William Fruet. Bien que tous ces films (tel qu’exploré par l’article « Cut and Run » de Spectacular Optical que vous pouvez trouver ICI) ont joué avec des sous-genres de différentes façons, cette année Replicas – en première canadienne après un premier succès à Tribeca – est un autre type de film d’invasion de domicile. À lui seul, le titre indique un accent sur le motif plutôt que sur le sadisme inhérent à ce type de crimes violents, puis sa résonance est facilitée par d’excellentes performances des acteurs.

Après la mort de leur petite fille, les parents désemparés, Mark (Joshua Close de Diary of the Dead) et Mary (Selma Blair de Storytelling et Dark Horse de Todd Solondz), s’échappent vers leur chalet isolé avec leur fils pour tenter de se remettrent de l’évènement. Cependant, leurs tentatives de normaliser leur routine est interrompue par l’hospitalité agressive de leurs « voisins » Bobby (James D’Arcy) et Jane (Rachel Miner), qui s’invitent de manière insipide dans le domicile du couple en deuil avec leur sinistre fils préadolescent. Il est immédiatement évident que quelque chose ne tourne pas rond avec Bobby et Jane: la façon que Jane fixe Marie rêveusement, admirant chacun de ses mouvements et de ses nuances, ainsi que les questions insensibles de Bobby qui causent des silences prolongés et des échanges de regards perplexes. Nous nous sommes tous retrouvés dans ces types de situations où nous sommes obligés de passer du temps avec des gens qui nous tombent sur les nerfs inexplicablement et trouver le moment où l’on peut se désengager volontairement peut être délicat. Par contre, Mark et Mary réalisent éventuellement qu’il ne s’agit pas que de maladresse sociale et leurs tentatives de faire sortir le couple font face à une hostilité imprévue qui dégénère en un bain de sang.

Bien sûr, le motif – que (dans les mots de Shaggs) « les gens riches veulent ce que les gens pauvres possèdent et les gens pauvres veulent ce que les gens riches possèdent » – est présent dans de nombreux films d’invasion de domicile où l’on retrouve la lutte des classes comme principale source de référence. Toutefois, dans des films comme Death Weekend et Fight for Your Life, il semble y avoir d’autres facteurs – une masculinité menacée, du racisme et de la misogynie provenant d’évènements traumatisants de l’enfance – mais les attaquants choisissent tout de même de tourmenter ceux qui sont mieux lotis qu’eux. Nous savons peu des attaquants de Replicas, mais nous savons tout de même qu’ils sont une famille de fortune à la recherche du stéréotype élusif du contentement domestique à la Norman Rockwell – et qu’ils ont des théories à ce que signifie ce contentement. En termes simples, un chalet, un chien de famille, une armoire à vin robuste et un sourire partagé sont tous des signes de la famille parfaite. Cependant, ils ne voient pas la tension derrière ce sourire. Ils ne voient pas que le vin à volonté nourrit une dépendance. Ils ne voient pas que derrière cette placidité se trouve le poids de la grande perte d’un être cher.

Le tout peut être lent par moments, insistant sur les stratégies de manipulation psychologique qui nécessite une période de gestation des deux côtés de la ligne morale. Les jeux de confiance et la pression émotionnelle est utilisée autant par les attaquants que les « victimes » pour créer une vulnérabilité qui leurs permettraient de prendre le dessus. Rachel Miner (l’actrice principale dans Bully de Larry Clark) est particulièrement excellente – sa prestation maladroite rappelle une Britanny Murphy agitée de sa période pré-Hollywood – et Joshua Close porte deux chapeaux pour cette production, apportant le scénario du film tout en portant avec confiance les grands souliers des prédécesseurs du genre comme Dustin Hoffman (Straw Dogs), Franco Nero (Hitch-Hike) et Ulrich Mühe (le Funny Games original). Toute la distribution possède une expérience significative dans les films de genre, mais celui à surveiller est James D’Arcy, qui interprète le rôle d’Anthony Perkins dans le futur Hitchock de Sacha Gervasi.

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REPLICAS est présenté en première canadienne jeudi le 2 août à 19h35 à la Salle JA DeSève, en présence du réalisateur Jeremy Power Regimbal. Plus d’information sur la page du film ICI.

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