THE SORCERER AND THE WHITE SNAKE

THE SORCERER AND THE WHITE SNAKE
Une légende chinoise prend vie grâce au réalisateur Ching Siu-tung

Par Marybel Gervais

Le folklore chinois est d’une richesse incommensurable. Les récits de bêtes fantastiques, de démons cruels et de héros téméraires y pullulent. Parmi ce bassin mythique, on retrouve la légende populaire du serpent blanc (aussi appelé Madame White Snake). Ching Siu-tung (Histoire de fantômes chinois I, II et III) a puisé dans ce récit l’énergie vitale pour concevoir son nouveau film The Sorcerer and the White Snake. Un drame fantastique aux saveurs romantiques doublé d’héroïsme inattendu et de combat d’arts martiaux. Les acteurs qui y figurent comprennent Jet Li dans le rôle du moine Fahai, Shengyi Huang dans celui du serpent blanc tandis que Raymond Lam y incarne l’herboriste Xu Xian. Leurs performances ont permis au conte du serpent blanc d’être relaté une fois de plus.

Comme plusieurs autres légendes, ce récit fut initialement propagé par la tradition orale. Les premiers écrits concernant le serpent blanc datent de la dynastie Ming (1368 à 1644) dont The White Maiden Locked for Eternity in the Leifeng Pagoda de Feng Menglong. Étant donné sa source, les variantes dans cette histoire sont nombreuses. Ce qui suit est la forme plus répandue. Le serpent blanc et sa soeur le serpent vert s’incarnent sous les traits de deux magnifiques femmes. La première comme une riche héritière et la deuxième comme sa servante. Sous cette apparence, le serpent blanc et un herboriste de renom tombent follement amoureux puis se marient. L’identité de la belle sera dévoilée à son époux par un moine. Sous l’influence de ce dernier, l’herboriste l’aidera à enfermer le serpent blanc sous une pagode afin d’empêcher le démon de nuire à la race humaine.

Associée au bouddhisme, la légende a voyagé avec la religion et s’est transmise entre autres, en Corée et au Japon. Un dessin animé japonais Le Serpent blanc (Taiji Yabushita, 1958) fut d’ailleurs créé par le grand studio Toei Animation (il est le premier film d’animation en couleurs de ce pays). Comme la plupart des contes populaires, ce récit fut adapté et transposé dans différentes branches artistiques. Les gravures, dessins et peintures mettant en scène divers passages de cette histoire sont courants. Plusieurs opéras la présentèrent, dont l’opéra de Pékin reconnu pour son mélange de chant, de comédie, d’acrobaties, de musique et de costumes chatoyants. De plus, on vit l’adaptation en comédies musicales et au théâtre. Dans les années 70, une troupe de danseurs modernes du Cloud Gate Dance Theater interprétèrent Madame White Snake. De nombreuses séries télévisées s’inspirèrent de la légende. Le cinéma comporte aussi son lot d’adaptations, dont le film sud-coréen Baeksa buin (Sang-ok Shin, 1960).

Quant à la version cinématographique de Ching Siu-tung, The Sorcerer and the White Snake, présentée à Fantasia cette année, elle reste fidèle aux premiers écrits, mais rajoute plusieurs scènes d’action comportant de l’animation générée par ordinateur (CGI). Les spectaculaires combats d’arts martiaux tenus par Jet Li gardent le spectateur en haleine. Grâce à l’art moderne qu’est le cinéma soutenu d’animation, nous pouvons raconter les plus vieilles des légendes et les communiquer au monde entier dans un langage offrant des possibilités infinies.

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THE SORCERER AND THE WHITE SNAKE sera présenté en première canadienne le 5 août à 12h50 puis jouera de nouveau le 7 août à 16h00. Les deux représentations se tiendront dans le Théâtre Concordia Hall. Plus d’informations sur ce film ICI.

 

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