PARANORMAN
PARANORMAN
Comment l’animation image par image à évolué dans le temps et permit au studio Laika de subsister de cet art.
Par Marybel Gervais
L’animation image par image n’est pas souvent utilisé dans les films à gros budget, non pas parce qu’elle est inefficace, mais plutôt parce qu’elle est extrêmement complexe, demande une expertise rarissime et qu’elle demande un laps beaucoup plus long pour ses créations. Lorsque tous ces éléments sont rassemblés, nous assistons à une expérience cinématographique grandiose. Une autre des multiples facettes du septième art. La compagnie de productions Laika (Coraline, Henry Selick, 2009) a sorti les as de son jeu en nous apportant sur grand écran ParaNorman. Un film qui démontre que ce studio s’est définitivement forgé une place au sommet de cet art. On peut y entendre les voix de Casey Affleck, John Goodman et Jeff Garlin.
ParaNorman est à la fine pointe de la technologie de l’animation image par image. Grâce aux prouesses informatiques, il est possible de calculer l’emplacement exact de la scène et de l’action qui y figure à l’image près. Des engins informatisés (issus de technologies spatiales) déplacent, millimètre par millimètre, les objets en questions aux besoins. Les mouvements qui en découlent bénéficient d’une plus grande fluidité. On mélange parcimonieusement l’animation 3D afin d’illustrer plus aisément certains aspects surnaturels puisqu’ils sont difficiles à concevoir par « Stop-motion ». Chris Butler et Sam Fell (les réalisateurs) ont veillé à ce que l’unité des deux domaines spécifiques s’harmonise parfaitement. Ils nous racontent l’histoire de Norman Babcock (la voix Kodi Smith-McPhee), un garçon solitaire dû à sa capacité de converser avec les morts. Lorsque sa ville, sous l’emprise d’une malédiction, devient peuplée de zombies, fantômes et autres entités, il est le seul à pouvoir libérer son entourage.
Avant d’en arriver à cet ingénieux mélange d’informatique et d’animation manuelle, cet art a vu sa technique évoluer et se raffiner. Le premier film pouvant se qualifier d’animation image par image est The Humpty Dumpty Circus (1897) d’Albert E. Smith et J. Stuart Blackton où des jouets de cirque prenaient vie. Parmi les vétérans, on retrouve, entre autres, Georges Méliès, Wladyslaw Starewicz et Helena Smith Dayton (la première femme animatrice). Les deux longs-métrages de Willis O’Brien (Lost World en 1925 et King Kong en 1933) propulsèrent le phénomène artistique à l’échelle mondiale. Ils déterminèrent la vocation d’un des plus grands animateurs, Ray Harryhausen (ayant reçu le prix de carrière honorifique de Fantasia). Il nous donna, entre autres, les trois Sinbad, Jason and the Argonauts (1963) et Clash of the Titans (1981). Une perte d’intérêts s’est observée brièvement dans les années cinquante, mais il est revenu en force pendant l’époque psychédélique des 70’ s (l’Oscarisé Close Monday de Will Vinton). Au Canada, Norman McLaren au sein de l’ONF affine les procédés de l’animation. Dans les années 80, on observe une frénésie due à l’explosion du genre science-fiction. De nombreuses productions renommées ont employé des séquences de « stop-motion » comme la trilogie Star Wars, RoboCop et Terminator. Dans les deux dernières décennies, l’alliance Henry Selick et Tim Burton crée deux bijoux pour l’enfant qui se cache en nous, Nightmare Before Christman (1993) et Corpse Bride (2005). Au Québec, il existe un festival célébrant l’animation image par image qui en est à sa quatrième édition, le FFSMM (Festival de Films de Stop-Motion de Montréal). Ce dernier a déjà eu des invités connus comme Barry Purves (de la série télévisée des années 80, The Wind in the Willows).
Selick, comme mentionné plus haut, a supervisé pendant quelques années les productions chez Laika. Créée en 2005, la compagnie comportait originalement deux divisions soit une pour la conception publicitaire et les vidéoclips et l’autre pour les oeuvres filmiques. Plus le temps avance et plus ils investissent leurs énergies dans l’animation image par image délaissant le CGI, le 2D et le 3D. Leur réputation est désormais mondiale et ParaNorman vous prouvera pourquoi il en est ainsi.
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PARANORMAN aura sa première canadienne le 7 août à 19h00 dans le théâtre Concordia Hall en présence du PDG de Laika, Travis Knight, du réalisateur-scénariste Chris Butler et du réalisateur Sam Fell. Plus d’information sur ce film ICI.
août 7, 2012
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