À MAASKANTJE, ON NE RIGOLE PAS!

From left: Rikkert, Robbie, Richard, Barrie and Gerrie

À MAASKANTJE, ON NE RIGOLE PAS!
Le critique hollandais Baren de Voogd nous parle de New Kids Turbo et de New Kids Nitro, véritables phénomènes de la culture pop

Kier-La Janisse
(Traduit par Guillaume Archambault)

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Au Canada, notre souvenir du cinéma hollandais se limite sans doute aux films de Dick Maas (The Lift), de George Sluizer (The Vanishing) et bien sûr de Paul Verhoeven (Turkish Delight/The Fourth Man) – les plus connus ayant toutefois été tournés à l’extérieur des Pays-Bas. L’industrie du cinéma néerlandais est toute petite, et servie surtout au public de la région, donc lorsque les New Kids virent le jour en 2007, ils déclenchèrent un véritable phénomène.

La série New Kids a débuté sur le Web en 2007 (et s’intitulait New Kids on the Block pour les deux premières saisons) avant de se faire repêchée par Comedy Central en 2009. L’émission regroupe cinq personnages plus répugnants les uns que les autres – Richard, Barrie, Robbie, Gerrie et Rikkert – qui préservent l’esthétique « white thrash » des années 90 connue aux Pays-Bas sous l’appellation « Johnnys and Anitas », expression péjorative qui rappelle les prénoms jadis populaires auprès de la classe ouvrière du pays. [i] Ils conduisent comme des fous, mangent une panoplie de trucs frits, ne respectent pas les femmes, boivent de la bière continuellement et la plupart arborent une coupe Longueuil épouvantable qui à elle seule mérite probablement un prix pour la direction artistique. « Leur type d’humour – un de leurs mots préférés étant  ‘kut!’, qui se traduit en  anglais par ‘cunt’ – est vraiment grossier, » affirme Barend de Voogd, rédacteur en chef du Schokkend Nieuws Filmmagazine (www.schokkendnieuws.nl) et programmateur du Imagine Fantastic Film Festival à Amsterdam. « Je ne dirais pas que c’est typique [de l’humour néerlandais], même si le plus grand réalisateur de genre en Hollande – Dick Maas – semble réellement avoir un faible pour le langage grossier. Tout de même, ça n’a jamais été poussé à cet extrême auparavant, ce qui justifie probablement un peu leur succès. »

Le premier film de cette bande de scélérats, New Kids Turbo, a non seulement brisé les records du box office néerlandais en quelques jours mais a aussi fait fureur chez les jeunes de la culture pop hollandaise, qui y ont trouvé une identité régionale farfelue. « Leur ville, Maaskantje, existe VRAIMENT, » raconte de Voogd, « et depuis la popularité de la série et des films, les gens volent des enseignes de la ville sans arrêts. »

New Kids Turbo se déroule en plein milieu d’une crise financière; les employeurs se voient forcés de congédier les employés inefficaces; dans ce cas-ci, les cinq antisociaux incompétents au cœur des New Kids. Ils se retrouveront tous sans emploi et sans abris et iront habités chez leur leader Richard en attendant de trouver un moyen de faire de l’argent. Évidemment, réunir autant de losers et de brise-fers sous le même toit n’est pas une bonne idée. Ça ne prend pas longtemps avant qu’ils ne mettent au point leur plan pour « ne plus jamais payer pour rien au monde! » et qu’ils se préparent pour une série de délits insignifiants qui attireront l’attention des médias locaux, qui eux décrivent les New kids telle une bande d’activistes – s’ensuivra une vague d’émeutes et de fusillades militaires à travers le pays.

Agrémenté par la palpitante musique happycore /gabber du DJ Paul Elstak, l’aspect « tarte à la crème » du film s’amplifie comme l’action devient un peu plus ortho, intense et ridicule. Une gigantesque explosion d’images et de sons qui ne peut que se terminer, évidemment, par une blague de pénis. Mais les New Kids triomphent et reviennent un an plus tard dans New Kids Nitro, où l’on peut les voir mener leur village Maaskaantje dans une dispute avec Schijndel, la ville voisine, et ils se retrouveront au beau milieu d’une épidémie de zombies. L’action devient absurde; avec la reluisante Opel Manta verte de Rikkert, transformée en une véritable machine montée à la Mad Max. Les gars se font faire des permanentes, Barrie échange son linge pour un imper à la The Crow et Richard se dégote un œil de pirate, le qualifiant d’antihéros aux proportions épiques. « C’est définitivement censé caricaturer les gens du sud de la Hollande (la province de Brabant), » raconte de Voogd, « surtout la scène musicale du Gabber-house. »

Mais on ne rit pas seulement de la classe ouvrière du sud : « dans New Kids Nitro la chanson ‘Hoeren neuken, nooit meer werken’ (Baiser des putes, ne jamais plus travailler) est chantée par Corry Konings. C’est particulièrement comique, parce que Corry a débuté dans les années 70 en tant que chanteuse de la formation « Corry en de Rekels » et elle est célèbre pour ses tristes ballades hollandaises, dont la plus connue est sans doute ‘Huilen is voor jouw te laat’ (Il est trop tard pour pleurer). Elle ne s’est apparemment pas rendu compte que nous nous moquions un peu d’elle. »

La formation des New Kids s’est officiellement séparée en début d’année. Seul le temps nous dira où nous pourrons les voir la prochaine fois. Lors d’une entrevue pour le Schokkend Nieuws, un des réalisateurs de New Kids, Steffen Haars (qui joue Robbie) a affirmé que Will Ferrell et Judd Apatow représentaient de très grandes inspirations pour lui. « Il a dit qu’ils rêvaient d’une carrière en Amérique, » se souvient de Voogd. Quelque chose me dit qu’ils se fonderont au décor.

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NEW KIDS TURBO sera présenté le 3 août à 22 h 05 et le 8 août à 17 h 45 au Théâtre Hall.

NEW KIDS NITRO sera présenté le 6 août à 21 h 55 et le 8 août à 19 h 40 au Théâtre Hall.



[i] Le Dutch Alternative dictionary décrit même la voiture Opel Manta – celle que Rikkert conduit dans la série New Kids – comme le véhicule de choix des  “Johnny’s”. http://www.alternative-dictionaries.net/dictionary/Dutch/1.html

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