TOAD ROAD

TOAD ROAD: UNE ENTREVUE AVEC JASON BANKER
(Traduction: Mai Nhu Nguyen)

Campé à York, en Pennsylvanie, lieu de la légende urbaine des Sept portes de l’Enfer et de Toad Road de la communauté de Hellam, le premier long métrage de Jason Banker promet d’être l’exploration mêlée d’horreur la plus évocatrice et troublante d’une jeunesse inconsciente et sous l’effet de narcotiques que vous verrez cette année, film qui prend sa place entre Pop Skull d’Adam Wingard et Putty Hill de Matthew Porterfield, grâce à son mélange artistique de fiction et de documentaire, son expérience sensorielle unique et son utilisation des drogues en tant que portail vers un niveau de conscience (et de déchéance) supérieure qui invite le surnaturel – avec des conséquences désastreuses.

Spectacular Optical s’entretient avec le réalisateur Jason Banker, qui présentera la première mondiale de Toad Road le 26 juillet à 19 h 30 au Théâtre J.A. De Sève (présentation supplémentaire le 30 juillet à 13 h 00).

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AEC : Durant ces trois dernières années, vous avez beaucoup travaillé en tant que directeur de la photographie (DP) pour divers projets – incluant Tomorrow’s PartiesAll Flowers in Time et Walk Away Renée de Jonathan Caouette. Comment était la transition de DP à réalisateur dans le cadre de votre propre projet, que vous avez également filmé et produit?

JB : Il n’y avait pas vraiment de transition, car en tant que DP, tu te trouvais parfois à diriger une scène ou à travailler en étroite collaboration avec un acteur afin d’améliorer sa performance visuelle. De plus, en travaillant sur des films documentaires, je filmais souvent seul pour saisir l’instant. J’avais juste besoin de mettre la main sur une histoire excitante à raconter et ce fut le cas avec Toad Road.

AEC : Je ne veux pas faire d’affirmation prétentieuse, mais j’ai l’impression qu’un film comme Toad Road ne peut venir que d’une expérience personnelle. À quel point est-ce vrai? Pouvez-vous  expliquer comment le film est né, son origine?

JB : Je voulais que mon premier film soit inspiré de ce que c’est de grandir dans une petite ville. Étant un skater, je passais mon temps avec les autres délinquants. La plupart d’entre eux voulaient juste être high d’une manière ou d’une autre, juste pour avoir quelque chose à faire. Ayant vécu 12 ans à NY jusqu’à ce point, cela m’a donné assez de recul pour apprécier ce monde. J’ai fait ce film aussi personnel et intime que possible.

AEC : Même si l’idée des drogues en tant qu’un moyen pour atteindre un niveau de conscience supérieur n’est pas nouvelle, j’adore l’idée des drogues en tant que portail – ou facilitateur, si l’on veut – du surnaturel. Est-ce que l’objectif était d’explorer le côté plus sombre de l’utilisation des drogues sous cet angle ou est-ce le résultat de l’interaction avec les personnages et les endroits lors de la production?

JB : Les drogues ouvrent la porte à un autre univers et certains ne reviennent pas à la même réalité. J’étais intéressé par le croisement entre l’utilisation des drogues, l’autodestruction et le chemin vers l’enfer. Il y avait tellement de parallèles et de possibilités qu’il était difficile de déterminer quel aspect était le plus important. À ce moment-là, je pense que ces éléments sont tellement interconnectés qu’ils en forment une expérience existentielle.

AEC : Dans ce contexte, je crois que les lieux jouent un rôle très important pour créer l’ambiance, la terreur dans Toad Road. Est-ce que vous avez grandi à York? Si oui, à quel point ce film est-il inspiré par votre adolescence passée dans les bois et les caves de la région?

JB : Oui, j’ai grandi à York et j’ai déjà été dans la plupart des lieux vus dans le film. Certains des endroits étaient aussi des recommandations des acteurs pour le Maryland. J’ai passé une bonne partie du temps à faire du repérage avec un vieil ami lors de randonnées pédestres dans des régions éloignées et des caves cachées. Je savais que le mélange de l’environnement naturel et de l’utilisation des drogues en ferait un décor visuel parfait pour le film.

AEC : Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la légende urbaine? Avant ce film, je n’avais jamais entendu parler de « Toad Road » ou des « Sept portes de l’Enfer »…

JB : Oui, le titre de la légende urbaine, « Les Sept portes de l’Enfer », parle de lui-même. « Toad Road » est le nom d’une route à York, PA, où seraient situées les sept portes. Vous pouvez lire les différentes histoires sur le sujet en ligne, même sur Wikipédia, mais mes amis m’en parlaient depuis le secondaire. Je pense que c’est l’un des aspects les plus intéressants sur lequel baser une légende urbaine et en faire un parallèle réussi avec l’utilisation des drogues.

AEC : Toad Road ne suit pas du tout une structure conventionnelle. Vous préférez jouer avec les sens et les émotions du spectateur, en faisant des sauts dans le temps, en entrecoupant le film avec d’autres images et ainsi de suite. Corrigez-moi si je me trompe, mais le montage du film a l’air drôlement difficile!

JB : J’ai tourné beaucoup de matériel qui n’a finalement pas été utilisé dans le film, mais Jorge Torres-Torres a fait un excellent travail avec le montage. Je voulais que le film soit comme une expérience avec la drogue, un « mauvais trip ».

AEC : Est-ce que vous pouvez parler du travail entourant la conception sonore du film? Les distorsions auditives et visuelles ainsi que l’ambiance sonore bizarre étaient vraiment terrifiantes et mises à profit à travers le film.

JB : Je suis un grand fan de musique « drone » et des manipulations d’enregistrements faites sur le terrain. Dag Rosenqvist du groupe Jasper TX a produit quelques chansons inédites pour le film et j’ai utilisé des parties de sa musique d’ailleurs pour créer des éléments sonores clés.

AEC : Si je ne me trompe pas, vous travaillez sur un film documentaire intitulé My Name is Faith? Pouvez-vous en parler?

JB : La première de My Name is Faith a eu lieu en mai à Hot Docs à Toronto. C’est un projet collaboratif à propos d’une jeune fille qui essaie de surmonter un traumatisme d’enfance. Pour mettre les choses au clair, Toad Road est mon premier long métrage et My Name is Faith est mon deuxième. Je suis très reconnaissant pour l’intérêt des Canadiens envers mes films.

AEC : Dernière question, pour ma curiosité personnelle : quelle est la signification des vélos BMX assortis? Ce sont des super beaux vélos! C’est dommage qu’ils soient perdus à jamais… ou le sont-ils?

JB : Haha, oui… ce sont les vélos que mon frère et moi enfourchions lorsque nous étions jeunes. Le matin où cette scène a été tournée, nous les avons amenés dans la cour arrière et les avons peints au pistolet. C’était un moment très nostalgique pour moi.

Veuillez noter: certains aspects de cette entrevue ont été altérés par un agent publicitaire afin de maintenir le mystique du film intact.

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Pour obtenir plus d’information sur Toad Road, visitez www.randombench.com ou suivez-les sur Twitter @toadroadmovie ou sur Facebook à https://www.facebook.com/ToadRoadMovie

Ne manquez pas la première mondiale de Toad Road le 26 juillet à 19h30 ou à nouveau le 30 à 13h.

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