THE WARPED FOREST OU DELIRIUM TREMENS

THE WARPED FOREST OU DELIRIUM TREMENS
Entrevue avec le réalisateur Shunichiro Miki

Par Marybel Gervais

Comment décrire ce film ? C’est franchement la description la plus difficile que j’ai eu à faire. Un film farfelu venant du subconscient d’un être à l’imagination que je qualifierais d’exubérante et c’est peu dire. Plus nous nous enfonçons à l’intérieur de la spirale dévorante de The Warped Forest, plus il est fastidieux d’en sortir indemne. Une histoire à dormir debout… pourvu que dormir ainsi ne soit pas chose commune.

Oubliez, non, effacez de votre mémoire tous tous tous les points de repère cinématographique que vous avez cultivés au fil des années. Cette oeuvre est complètement unique. Je défie qui que ce soit de dénicher un film comparable. D’accord, le bizarroïde premier volet Funky Forest: The First Contact (Naisu no mori: The First Contact) est la seule bouée de sauvetage auquel vous pouvez vous accrocher. Un délire masturbatoire frisant le coma éthylique recrutant tous les fantasmes et idées trottinant dans un recoin de cerveau trop mûr. Si cette phrase vous laisse perplexe, attendez de voir le film.

Cette fable onirique, dix-huit ans et plus, vous grattera des neurones habituellement inutilisés. Dans un univers inconnu du nôtre, les adultes tentent d’oublier leur quotidien grâce aux fruits que l’on appelle kittka. Ce fruit apporte un état semblable à l’ébriété. Sa configuration rappelant grossièrement les organes génitaux à la fois femelle et mâle, titille les pulsions sexuelles. Sans connivence, un groupe de trois hommes désillusionnés et un trio de jeunes paumés s’intéressent à une rumeur qui court depuis un certain temps. On dit qu’il est possible de choisir et contrôler nos rêves. On dit aussi que si on s’adonne à ce loisir, on devient damné et un malheur nous arrivera. L’autre inconvénient c’est que, selon les dires, ça coûte beaucoup de pocos, ces genres de noisettes que l’on garde dans notre nombril. La quête aux motivations différentes de ces deux groupes les amènera à tenter le tout pour le tout, peu importe ce qui suivra. Le prix à payer ne sera pas qu’en pocos !

Une paire de scénaristes est à la tête de cette fresque jubilatoire et fantasmagorique, Yuuka Oosumi et le réalisateur du film, Shunichiro Miki. Ce dernier a accepté de débroussailler cette contrée qui nous est obscure afin de nous aider à voyager dans les annales de The Warped Forest.

En 2005, vous participiez à la création de Naisu no mori: The First Contact. Est-ce que l’idée de créer une pseudo suite au film vous est venu rapidement après la fin du tournage ?

Tout d’abord, ce film n’est pas une suite de NAISU NO MORI, j’ai plutôt fait ce film pour mettre en relief toutes les idées que je ne pouvais pas appliquer dans NAISU NO MORI.

J’envie votre imagination foisonnante. J’ai l’impression qu’aucune barrière psychologique ne filtre vos idées. Comment se déroule votre processus créatif scénaristique ?

Les idées me viennent subitement, donc je ne pense pas pendant des heures. Cependant, pour que les idées reflètent le plus possible ce que j’ai imaginé, je les dessine jusqu’à ce que j’obtienne des résultats satisfaisants. Je travaille en tant que réalisateur pour des publicités à la télévision. Plus je dois faire des publicités sérieuses, plus des idées bizarres m’arrivent dans la tête. C’est surement un contre coup.

Les effets spéciaux sont hallucinants et très crédibles. Est-ce difficile d’orienter les concepteurs vers l’image que vous avez de ces créatures, armes et autres fabulations sortant tout droit de votre imagination ?

Lorsque j’étudiais les arts à l’université, je faisais des effets spéciauxé. J’arrive donc à me mettre dans la peau des développeurs et à transmettre mes idées concrètement. Pour les explications détaillées, je leur montre des dessins détaillés.

Mis à part le premier volet, cette oeuvre ne suit aucun chemin déjà emprunté. À quel point est-ce important pour vous de concevoir un film totalement unique et sans précédent ?

Pour moi, il est très important de faire des oeuvres qui sont originales. Ca m’attire de créer moi-même des oeuvres que personne n’aurait imaginées auparavant. Je pense que cet esprit de créer de nouvelles choses est très compatible au public montréalais.

Les acteurs de The Warped Forest se donnent corps et âme afin d’insuffler la vie à leurs personnages. Est-ce que le casting fut ardu ?

Non, il n’était pas difficile. Jadis, j’enseignais dans une école d’acteur avec Katsuhito Ishii (qui présente cette année Smuggler à Fantasia). Je formais les nouveaux acteurs et actrices de la façon dont il me plaisait. Par la suite, je les ai invités à jouer dans mon film (ceux dont je m’entendais bien). Le scénario fut écrit en mettant l’accent sur les rôles de chacun et en pensant à leur personnalité.

Comment est l’ambiance sur le plateau de tournage d’un film aussi éclaté ?

Le tournage s’est fait dans une ambiance joyeuse et amicale. D’un autre côté, pour faire ce film, j’ai investi 10 ans de mes économies, car c’est une production indépendante et privée. J’avais parfois des angoisses de réaliser un film d’une si grande envergure.

Pensez-vous vous lancer dans un troisième volet de cette saga fantasmagorique ?

Pour le moment, je n’ai pas de plan fixe, mais il serait bien d’en faire un. Mon film de cette année est plutôt catégorisé dans les films maniaques ou bizarres, mais j’aimerais faire aussi, par exemple, des films de science-fiction à grande distribution que l’on pourrait visualiser dans de grands complexes de cinéma.

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THE WARPED FOREST sera projeté en première canadienne le 29 juillet à 19h10 dans le Théâtre Concordia Hall en présence du réalisateur, coscénariste et producteur Shinichiro Miki et de la productrice Mayumi Miki. Plus d’info sur ce film ICI.

 

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