SOUVENIRS DE SIROP D’ÉRABLE

SOUVENIRS DE SIROP D’ÉRABLE
Kier-La Janisse
(Traduction: Emilie Christiansen)

Dave Alexander de Rue Morgue est le curateur d’une exposition multimédia de films de Canuxploitation imaginaires, tandis que la galerie BBAM! accueille une exposition de la collection personnelle d’affiches de John Dunning, co-fondateur de Cinépix.

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L’écrivain et cinéaste Dave Alexander a défendu l’horreur classique canadien même avant d’être rédacteur en chef du magazine Rue Morgue. Puis, à travers le magazine, il a réussi à obtenir un rôle beaucoup plus pratique à prôner les vertus de canadiens en folie dans les films de genre anciens ou nouveaux (sous sa direction, les pages couvertures de Rue Morgue allaient de Rituals de Peter Carter, film d’horreur de 1977 dans les boisés reculés, au festival sanglant qu’est Father’s Day de Astron-6). Cependant, If They Came From Within pourrait être le projet le plus ambitieux d’Alexander à ce jour. Une exposition multimédia complète – en primeur à la prestigieuse Cinémathèque québécoise, avant qu’elle ne s’embarque pour une tournée nationale – le projet donnera vie à plus d’une douzaine de films de Canuxploitation imaginaires avec des affiches originales, des bandes-annonces de films, des messages publicitaires radio et des synopsis exagérés qui pourraient vous amener à penser “pourquoi ces films n’existent donc pas?”

Un ensemble de participants cinéastes digne d’en baver d’envie qui sont le gratin du talent canadien établi et émergeant; en plus des nombreuses productions d’Alexander lui-même, nous pourrons voir des fausses campagnes de promotion de film par Jason Eisener (Hobo With a Shotgun), Vincenzo Natali (le réalisateur de Splice et Cube, qui développe la mythologie Blue Sunshine de Jeff Lieberman), Bruce McDonald et Tony Burgess (qui nous offrent deux suites imaginaires à leur courageuse réinvention de genre qu’était Pontypool – l’une de ces suites visant à devenir un vrai film faisant partie du Marché de coproduction international Frontières!), Lee Demarbe (qui nous a offert Jesus Christ: Vampire Hunter une décennie avant qu’Abraham Lincoln soit réaffecté à des fins similaires), Maurice Deveraux (le réalisateur de End of the Line, qui puise du folklore québécois pour créer un récit de meurtre d’enfant à donner des frissons), Eric Tessier (réalisateur de 5150 Rue des ormes), Brett Kelly (My Dead Girlfriend), Donna Davis (réalisateur du documentaire Nightmare Factory au sujet de KNB FX), Rodrigo Gudiño (The Facts in the Case of Mister Hollow), Karim Hussain (réalisateur de La Belle Bête et directeur de photographie pour Hobo With a Shotgun et Antiviral de Brandon Cronenberg), ainsi que George Mihalka (My Bloody Valentine), icône de l’époque originale des abris d’impôts.

L’art époustouflant des affiches pour ces films imaginaires sera créé par Rupert Bottenberg, Angus Byers, Donald Caron, Jason Edmiston, Justin Erickson, Vince Marconi, Mathew Marigold, Richard Patmore, Martin Plante, Ghoulish Gary Pullin, Paige Reynolds, Eric Robillard, Mathew Verreault, Adam Vierra, Mark Unterberger et James White, alors que le musicien montréalais Conrad Simon fournira une ambiance supplémentaire avec ses enregistrements de trames sonores originales pour cette histoire alternative de l’horreur canadien.

Par hasard, au même moment que cette exposition était façonnée pour sa première à Fantasia, un promoteur local et propriétaire de la galerie BBAM!, l’écrivain et artiste Ralph Alfonso a reçu l’opportunité d’exposer des affiches de la collection personnelle de feu John Dunning (dont la compagnie pionnière de films canadiens Cinépix, avec son partenaire Andre Link, a fait l’objet d’un hommage au festival de l’an dernier). Bien que les illustrations des productions originales de Cinépix ont rapidement été intégrées à diverses archives canadiennes, il restait une multitude de matériels des nombreux films distribués par Cinépix avant et pendant leurs années en tant que compagnie de production. Ces films variaient de films scandinaves de sexploitation à des titres plus difficiles mais légitimes de films d’art et d’essai, démontrant une diversité culturelle et intellectuelle pour laquelle les compagnies de films d’exploitation obtenaient rarement le mérite.

Toutefois, la plus grande surprise se trouve sous la forme de fiches de vente pour des films que Cinépix n’a jamais produit. Bien qu’il soit courant que les producteurs d’exploitation tentent de vendre des projets encore à produire à des marchés du cinéma en un effort de réunir les fonds pour actuellement faire le film, le lien avec l’exposition de films de Canuxploitation « imaginaires » de Dave Alexander était trop enthousiasmant pour l’ignorer. Alors, Alfonso s’est retrouvé à travailler avec Alexander pour renforcer l’exposition de ce dernier avec quelques trésors inédits du catalogue des films non-produits de Cinépix.

Dans cette entrevue en deux étapes, Spectacular Optical s’entretient d’abord avec Dave Alexander et ensuite Ralph Alfonso à propos de l’héritage des campagnes publicitaires gonzo au Canada et la réévaluation récente de la place des films d’exploitation dans notre héritage culturel.

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DAVE ALEXANDER:

Quels étaient vos critères esthétiques pour la sélection des participants?

Dave Alexander: Pour ce qui est des cinéastes, je voulais qu’ils aient exprimé un amour des films d’horreur et qu’ils aient fait au moins un long métrage d’horreur. Je voulais également avoir un éventail de cinéastes couvrant tout le spectre, avec un accent particulier sur le Québec, puisque l’exposition fait partie de Fantasia. Bien sûr, ce que l’on veut et ce que l’on obtient sont deux choses très différentes. Au bout du compte, il faut travailler avec ceux que l’on peut contacter et qui acceptent de participer. Je suis chanceux de connaître plusieurs des participants à travers Rue Morgue, alors j’ai d’abord demandé aux cinéastes qui selon moi seraient enthousiastes à propos de If They Came From Within et qui seraient capables de soumettre le matériel requis. J’aurais adoré avoir une plus grande participation féminine, mais nous n’avons pas encore beaucoup de réalisatrices d’horreur – en espérant que cela change. Pour y donner de la variété, j’ai réussi à obtenir une bonne sélection de cinéastes de différents âges, différents styles et travaillant avec différents budgets. Pour les concepteurs graphiques, encore une fois, c’était des personnes que je connaissais ou qui m’ont été référé par d’autres concepteurs, ainsi que par Mitch Davis de Fantasia, qui a grandement contribué à m’aider à contacter autant les cinéastes que les concepteurs. Encore une fois, je voulais qu’ils aient de l’expérience et un enthousiasme en ce qui à trait à l’horreur. Puis, plusieurs des affiches sont de mes propres rédactions. J’ai essayé de créer une grande variété de faux récits de différentes époques pour combler des trous dans la ligne du temps. J’en ai fourni plusieurs en exemples aux cinéastes et aux concepteurs, puis plusieurs des concepteurs ont voulu les créer. Je n’avais pas planifié avoir autant de mes propres films à l’exposition, mais puisqu’ils n’ont pas causé de détriments envers d’autres participants, je suppose que tout a bien fonctionné. J’ai beaucoup d’idées pour différents faux films de genre canadiens.

Pour les concepteurs graphiques, il semble que vous avez choisi des personnes qui travaillent dans l’industrie commerciale (des gens qui font du design graphique pour des magazines ou qui font des affiches pour des grands distributeurs). Est-ce que vous voyiez cette expérience commerciale comme un élément important de ce qui était nécessaire pour le projet?

DA: En fait, au début j’étais inquiet que je n’allait trouver personne travaillant dans l’industrie commerciale, mais j’ai commencé m’enquérir autour de moi et j’ai trouvé quelqu’un qui connaissait plusieurs personnes qui a transmis mon courriel. Je crois qu’on y trouve maintenant un bon équilibre entre le commercial et le non-commercial.

Quelles directives avez-vous donné aux cinéastes pour la création de leurs campagnes publicitaires?

DA: Je demandais un titre, l’année que le film aurait été produit (ce qui comprenait aussi le futur), un slogan et un court synopsis. Puis, que le film se trouve sous les étendards de l’horreur canadien.

Comment décririez-vous le processus de collaboration entre les cinéastes et les concepteurs graphiques?

DA: J’étais excité à l’idée de voir ce que les concepteurs pourraient créer en obtenant une liberté complète. Je ne les ai pas mis en contact avec les cinéastes par exprès, car je ne voulais pas qu’ils se retrouvent dans une situation où ils auraient l’impression que leur projet était géré, pour qu’ils puissent laisser cours à leur imagination, au sein des concepts généraux fournis, bien sûr.

De quelles façons les campagnes proposées jouent-elles avec les stéréotypes canadiens?

DA: Les cinéastes ont interprété l’« aspect canadien » du projet de différentes façons. Certains ont saisi des sous-genres établis pour leur donner une métamorphose canadienne, comme Emanuelle, Eh? de Lee Demarbre, ou mon Farm of Frankenstein. Certains s’inspire du folklore, comme The Bonesetter de Maurice Devereaux. D’autres se moquent de tensions politiques et culturelles, comme The Devil’s Box de Karim Hussain. Puis, d’autres s’inspirent de contextes régionaux spécifiques pour raconter des histoires vraiment folles, comme Caprice de Jason Eisener, qui comprend des bandits hommes-poissons dans une version apocalyptique des Maritimes.

Vous avez été le fer de lance de ce projet; quel était votre objectif lorsque vous en avez eu l’idée? En tant que rédacteur de Rue Morgue, vous êtes considéré comme un facilitateur, une personne qui nourrit la communauté du genre. Voyiez-vous ce projet comme une extension de ce rôle?

DA: Avant Rue Morgue, j’avais un énorme intérêt envers les films d’horreur canadiens, puisque ce créneau négligé nous en apprend beaucoup sur notre pays et notre façon de voir le monde. Tout en faisant mes études à Edmonton en études cinématographiques, j’ai d’abord rencontré Paul Corupe (qui m’aide avec le projet) à travers son site web de Canuxploitation, puisqu’à l’époque, il était la seule personne avec de l’information fiable à propos de Black Christmas, sur lequel je rédigeais un travail. Il a davantage alimenté mon intérêt et j’ai fini par écrire de plus en plus sur le cinéma de genre canadien, y compris un projet sur la Canuxploitation elle-même et ce qu’elle signifie. Puis, j’ai découvert Rue Morgue et je suis tombé en amour avec son penchant pour le genre canadien et son soutien de l’horreur canadien. Alors je suppose que If They Came From Within est un peu un prolongement naturel de ceci. Je suis en amour avec l’idée d’une scène canadienne d’horreur en plein essor et de raconter des histoires de genre de notre point de vue. Je me demande peut-être aussi quels types de films auraient pu exister si notre production d’horreur était aussi constante et robuste que celle des États-Unis. Par contre, d’abord et avant tout, ceci me semblait simplement comme une façon très amusante de célébrer l’horreur canadien et de montrer aux gens les possibilités. Rien ne me rendrait plus heureux que de voir certaines de ces histoires actuellement se faire produire en films.

L’une des choses que j’aime de ce projet n’est pas seulement, comme vous le dites « de développer un intérêt envers les possibilités des films de genre canadiens auprès de l’amateur de cinéma moyen », mais aussi d’exposer ces possibilités à des investisseurs qui pourraient avoir de la difficulté à reconnaître la valeur du cinéma de genre. J’aime qu’il s’agisse d’une façon de leur montrer le niveau d’enthousiasme que les cinéphiles du Canada ont envers le cinéma de genre et que le financement de ces types de films n’est pas embarrassant, un mauvais investissement ou non représentatif de la culture canadienne en général.

DA: Je crois que la scène canadienne d’horreur est sur le point d’exploser, maintenant que cette ancienne manière de penser disparaît lentement et que nous obtenons une reconnaissance internationale pour des films comme Hobo With a Shotgun, Splice, Father’s Day, etc. La stigmatisation liée à l’horreur remontant à la critique des films d’abris fiscaux est toujours dans l’air, mais elle est en train de disparaître et nous développons maintenant un véritable sentiment de fierté pour nos créations de genre. Il y a une culture de fans croissante pour l’horreur canadien et des cinéastes, comme Jason Eisener ou l’équipe de Astron 6, qui proviennent directement de cela, alors le tout a bouclé la boucle d’une certaine façon.

Avec la sortie de Father’s Day et Hobo With a Shotgun, ainsi que leur présence remarquée sur le circuit des festivals au cours de la dernière année, croyez-vous que la production de films de genre canadiens se fait monter d’un cran?

DA: Je pense effectivement que nous sommes à la veille d’au moins une mini-explosion pour les créations de genre canadiennes. J’en ai parlé avec certains des cinéastes impliqués avec If They Came From Within et il semble y avoir une impression que la Canuxploitation aura une résurgence. J’espère que, au moins dans une petite mesure, ce projet y aura été pour quelque chose

Il y a un peu une manie de la Canuxploitation qui se déferle sur le monde au cours de la dernière décennie, beaucoup d’amour pour ces vieux films d’abris fiscaux. D’où pensez-vous que toute cette appréciation provient? J’ai tendance à voir le livre de Caelum Vatnsdal et le site web de Paul Corupe comme ayant fortement contribué à cette résurgence; qu’en pensez-vous?

DA: Canuxploitation, comme je l’ai mentionné, a grandement contribué, ainsi que l’excellent livre de Caelum – le titre de son livre étant évidemment inspiré du titre américain de Shivers de Cronenberg – qui a inspiré le titre de cette exposition. Ces gars-là sont essentiels pour favoriser l’appréciation et la préservation de notre historique de l’horreur. Je ne peux surestimer leur importance. Cet amour est un prolongement de la nostalgie et une appréciation de l’ère du cinéma d’horreur pré-numérique, ainsi qu’une façon de célébrer la culture canadienne d’une manière un peu rebelle (traduction : cool) en disant : « Ces films sont tout aussi ou plus important pour nous que les œuvres souvent célébrées de cinéastes comme Atom Egoyan ou Denys Arcand. » Ce n’est pas que ces cinéastes ne sont pas dignes de ces éloges, mais qu’il existe beaucoup de très bons films d’horreur canadiens qui ne reçoivent pas de prix. Les fans vont faire en sorte que ces films sont célébrés à leur manière.

Avec une explication simple, quelles sont les différences entre le réel historique de l’horreur canadien et celui qui a été imaginé ici?

DA: Ces faux films ne sont nullement entravés de façon créative par des choses comme des restrictions budgétaires, des demandes d’un distributeur, les caprices d’un producteur ou même la censure, signifiant qu’ils peuvent transcender les réalités de faire un film dans le monde réel. Dans l’histoire imaginée, les obstacles habituels sont retirés et l’on peut rêver d’une scène canadienne d’horreur qui brûle toujours de façon plus lumineuse qu’une aurore boréale.

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RALPH ALFONSO:

Comment la collection d’affiches de John Dunning s’est-elle retrouvée entre vos mains?

Greg, le fils de John, m’a contacté (la connexion étant que ma femme Alison est l’entraîneure de sa femme au YMCA) à propos de la collection de vinyles et de CDs de John Dunning et l’idée de la vendre en consignation via notre galerie BBAM!, qui vend également des vinyles, CDs et livres usagés en plus de vendre de l’art. Greg a mentionné qu’il voulait utiliser l’argent amassé par toute vente pour créer une fondation au nom de son père qui accorderait un prix annuel à un cinéaste méritant. Lorsque Greg s’est présenté avec les albums, nous avons commencé à parler et je l’ai questionné à propos de toutes les affiches, souvenirs et objets de collection avec l’idée d’en faire une exposition et de les vendre (les sommes d’argent allant à la fondation). Par coïncidence, ils venaient de tout cataloguer puisqu’ils étaient en processus de donation d’une grande quantité de matériels d’archive à des sociétés de préservation de cinéma, alors tout ce que John Dunning avait produit ou créé (i.e. des productions originales de Cinépix) ne nous étaient plus disponibles, MAIS toutes ses archives personnelles étaient toujours entre les mains de la famille.

Alors ces affiches sont tous pour des films distribués par Cinépix, mais qui n’avaient pas été produits par eux?

Je pense qu’ils sont tous, avec quelques exceptions, des films distribués par Cinépix. L’étendue de ce qui était distribué par Cinépix est incroyable et s’étalait de films d’art et d’essai intellectuels (Fellini) à Deep Throat II, puis tout ce que l’on peut trouver entre les deux. Ils faisaient le doublage de films en français, ainsi que le doublage de films étrangers en français ET en anglais. Pour réduire les coûts, ils importaient l’affiche originale du pays d’où provenait le film et ils recouvraient le texte en langue étrangère avec le titre en français ou en anglais. La moitié du travail [pour préparer l’exposition] était d’inscrire le titre étranger sur Google pour trouver le titre sous lequel il était distribué au Canada et aux États-Unis. Il y a peut-être quelques affiches que John Dunning aurait recueillies au cours de ses voyages au Festival du film de Cannes ou ailleurs, puisqu’il semble avoir tout gardé; y compris une mine d’or de photos et d’ouvrages de la presse étrangère.

Parlez-moi un peu de ces affiches de films non-produits de Cinépix – quels sont les films et comment seront-ils intégrés à l’exposition If They Came From Within de Dave Alexander à la Cinémathèque?

Encore une fois, lors de ma conversation initiale avec Greg, j’ai mentionné que j’avais entendu dire que des gens comme Roger Corman créaient parfois l’affiche avant de faire le film et Greg m’a époustouflé en disant : « Ouais, mon père avait plein de scénarios complétés qui n’ont jamais été produits. »

Celles-ci seront toutes intégrés à l’exposition de Fantasia. Présentement, elles n’existent qu’en format 8×10 (à l’exception d’une d’entre-elles), mais si nous ne pouvons pas trouver les fichiers Photoshop originaux ou les négatifs de film, nous allons numériser ce que nous avons  professionnellement et les agrandir en format tabloïd.

La place d’honneur est une peinture originale encadrée provenant du bureau de John Dunning, magnifiquement rendue en un style réaliste des magazines pour homme des années 1960, d’une jeune femme en bikini attaquée par des zombies avec deux membres d’équipages (d’une compagnie aérienne ou d’une croisière en bateau?) en arrière-plan se débattant également contre les zombies. Cette version sera utilisée comme la base de l’affiche du film non-produit Flight Of The Living Dead. Dans la peinture originale, on peut voir que les zombies ont été peinturés plus tard et appliqués par-dessus quelque chose d’autre qui était en-dessous. Nous avons maintenant trouvé l’image utilisée dans une maquette précédente de l’affiche nommée The Jeckyll Light et au lieu de zombies, ce sont des hommes-babouins qui attaquent tout le monde!

Alors ces affiches de films non-produits sont : Flight of the Living Dead (un avion dans un orage avec deux pilotes zombies, à ne pas confondre avec le film du distributeur américain de Cinépix qui leur a volé le titre); Alien Assault (un type de ver enroulé autour de la tête d’une femme – ne montrant que la terreur dans ses yeux); Vortex (des dinosaures terrorisant des hommes en combinaisons spatiales); Eruption (de la lave en fusion en arrière-plan – un homme et une femme se sauvant d’un type de taupe); et le pénultième Vampire Bikers (un crâne flottant avec des ailes de chauve-souris au-dessus d’une bande de motards zombies vrombissant sur l’autoroute) avec le slogan : « they’re becoming a real pain in the neck » (« ils commencent à nous casser les pieds »).

Greg et ses partenaires essayent toujours de faire produire ces films et nous avons les dossiers de presse promotionnels avec tous ces synopsis et affiches qui ont été utilisés pour tenter d’obtenir le financement. Nous aurons peut-être une reproduction de ceux-ci à l’exposition de Dave pour permettre aux gens de voir le processus et le contexte de la création de ces affiches.

Combien d’affiches y avait-il en tout et quel a été votre processus de sélection pour décider de ce qui ferait partie de l’exposition?

Greg est venu chez moi avec 5 boîtes géantes, littéralement des centaines d’affiches et de matériels. Nous avons réduit le tout à environ 150, divisés en piles de « oui » et « peut-être ». Je suis présentement dans un processus pour le réduire à un nombre de 35 ou 40, qui sera plus facile à gérer. Greg et moi avons évalué chaque affiche en termes des paramètres de notre exposition et ceux de Fantasia, puis nous avons respecté quelques facteurs simples : l’œuvre et le concept étant numéro un; suivi des acteurs et des réalisateurs, puis des aspects de rareté/historique. Greg m’a ensuite laissé choisir la composition finale de l’exposition. Par exemple, c’est sûr qu’il y aura Russ Meyer (Motorpsycho) et George Romero (The Crazies). Il y une affiche sérigraphique très rare des années 1960 pour Freaks (sans images) dont la présence à l’exposition n’est pas encore décidé (mais sera tout de même en vente).

Qu’adviendra-t-il de ces affiches après l’exposition?

Et bien, les affiches sont en vente et il y a plusieurs exemplaires dans la plupart des cas, donc la possibilité d’acheter des copies non encadrées est présente. La plupart des affiches encadrées seront à un encan silencieux avec une réservation dans certains cas (Russ Meyer). Si une affiche est en vente fixe, vous pouvez l’acheter et repartir avec tout de suite, puis nous la remplacerons avec quelque chose de complètement nouveau à sa place. Tout est à vendre et toutes les sommes d’argent iront à une bonne cause. Je suppose que tout se déplacera sur eBay lorsque nous aurons fini (nous garderons quelques items à la galerie sur une base continue pour les vendre) et nous pourrions nous en occuper pour la succession. C’est une opportunité incroyable pour un vrai collectionneur – nous gardons tout à un prix raisonnable, ce qui est notre philosophie ici – puisque la majorité des affiches sont en parfait état, littéralement tout frais du bureau du distributeur.

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L’exposition If They Came From Within, organisée par Dave Alexander du magazine Rue Morgue se déroule du 20 au 29 juillet  à la Cinémathèque québécoise (335, boul. De Maisonneuve Est), avec un vernissage d’ouverture le vendredi 20 juillet à 5-7pm

L’exposition Forbidden Visions: Uncensored Posters from the Collection of Cinepix’ John Dunning organisée par Ralph Alfonso et Greg Dunning se déroule du 20juillet au26 aout à la galerie BBAM! (3255 rue St-Jacques, directement en face de la station de métro Lionel-Groulx). Vernissage aura lieu le vendredi 27 Juillet à partir de 16h -22h, avec comme invité spécial Greg Dunning et un tirage pour gagner un poster gratuit de l’exposition!

 

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