ENTREVUE : THE PACT
UN DIFFÉRENT TYPE DE FILMS DE VENGEANCE DE FEMMES
Spectacular Optical s’entretient avec Nicholas McCarthy, réalisateur du succès de Sundance THE PACT
Kier-La Janisse
(Traduction: Emilie Christiansen)
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Ce n’est pas souvent que l’on voit la transition d’un film d’un court métrage à un long métrage au cours d’une période d’une seule année, surtout lorsque les deux versions ont eu leurs premières respectives au prestigieux Sundance Film Festival. Cependant, The Pact, le film de Nicholas McCarthy a fait exactement cela. Les fans canadiens de films de genre ont d’abord eu la chance de connaître le court métrage en première partie de la projection du fantomatique Marianne, le long métrage de Filip Tegstedt présenté à Fantasia en 2011, où le public fut surpris par sa discrète approche envers les films de fantômes. Une oeuvre d’ambiance mettant en vedette Jewel Staite de Firefly, qui se trouve dans le rôle d’une mère monoparentale qui retourne à sa maison familiale comme exécutrice de l’héritage de sa mère récemment décédée. Le court métrage de The Pact s’est démarqué par le retrait confiant de McCarthy de tout ce qui n’était pas la pure terreur d’une femme seule à l’intérieur de la maison où des choses ineffables lui sont arrivées au cours de son enfance. Autant dans le court métrage que le long métrage, nous n’avons jamais connaissance de ces choses, seulement qu’elles ont eu lieu derrière une porte menant vers ce que l’on pourrait présumer être un sous-sol sombre et caverneux. Les deux versions du film accrochent les spectateurs avec l’excellente scène d’une femme se déplaçant d’une chambre à l’autre dans une sombre maison, essayant de communiquer via Skype avec son jeune enfant, alors que la statique qui apparaît à l’écran coïncide avec le vacillement des lumières dans la maison. En tant que spectateurs expérimentés de l’horreur, nous pouvons la voir se diriger vers un piège, mais la tension n’en est pas moins palpable.
Le long métrage utilise l’intégralité du court métrage pour présenter la situation, puis se lance dans un mystère plus compliqué et sinistre avec le traumatisme marquant de plusieurs femmes en son centre. Il y a deux soeurs – les filles aliénées de la matriarche décédée (chacune étant une version endurcie de son homologue dans le court métrage); une enfant sans mère rappelant leur propre abandonnement; et une voyante blême qui trouve du réconfort auprès de la compagnie suffisamment bruyante pour obscurcir les sons et visions surnaturels qui l’affligent. Cependant, elles seront toutes réunies par l’horreur au sein de cette maison, un horreur qui possède une portée au-delà des frontières de la demeure, ainsi qu’un décompte de cadavres très réel. Par contre, bien que le long métrage possède nécessairement une intrigue plus complexe que son prédécesseur de 11 minutes, les plaisirs subtils du court métrage sont préservés. McCarthy en retient assez pour aiguiser notre imagination morbide. Comme dans le court métrage, il y a même une ambiguïté envers ce à quoi réfère le titre The Pact. Il y a beaucoup de non-dits dans les relations à travers le film, toutes ces relations étant réticentes. Les gens de ce film ne veulent pas de relations. Cependant, le traumatisme est une colle ferme et il retient ces femmes brisées ensemble que cela leur plaise ou non.
Spectacular Optical s’est entretenu avec Nicholas McCarthy à propos de la transition d’un court métrage à un long métrage, les défis et caractéristiques de transformation de la plus longue durée, ainsi que de la plausibilité de la photographie de fantômes.
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J’ai entendu dire que vous n’aviez pas prévu en faire un long métrage jusqu’à ce que Content Media vous propose l’idée, puis la transition d’un court métrage en un long métrage s’est déroulé assez rapidement. Alors, quel a été le processus pour scénariser le long métrage? Quels sont les points clés du court métrage sur lesquels vous vous êtes concentrés pour vous donner une direction?
Le court métrage a été calquée sur la façon que plusieurs de mes nouvelles préférées sont écrites – un style un peu découpé où les questions ne sont pas toutes résolues. Après que l’idée du long métrage ait été proposée, je me suis cogné la tête sur les murs pour quelques semaines, essayant d’imaginer comment il pourrait y avoir “plus” d’histoire qui avait été spécifiquement conçu pour ne pas en dire plus.
J’ai eu la révélation que puisque j’ai utilisé le modèle de la nouvelle pour le premier film, peut-être je pourrais utiliser le modèle du roman pour le long métrage. La plupart des histoires de fantômes sont des histoires de détective et j’aime beaucoup les romans policiers. Alors, j’ai décidé que le film se déroulerait comme un récit mystérieux.
Ironiquement, ce que j’ai décidé pour le long métrage de The Pact était que tout serait à propos de découvrir des choses, à propos de révélations, à propos de voir – alors que le court métrage était à propos de ne pas voir. En fin de compte, j’ai deux films complètement différents, essayant d’accomplir des choses différentes, avec le même matériel de base.
Ensuite, vous avez écrit le scénario dans un lieu public, comme un café ou quelque chose du genre? Personnellement, je ne peux pas écrire avec des distractions, je ne peux même pas écouter de la musique, alors je ne sais pas comment les gens le font. Comment être dans ce type d’espace vous aide-t-il à écrire?
J’aime écrire dans des cafés, parce que je peux m’acheter des gourmandises. De plus, je trouve qu’il y a quelque chose de réconfortant dans le fait d’être seul dans une foule.
Le frère du court métrage est remplacé par une soeur dans le long métrage, puis le protagoniste masculin, le personnage de Casper Van Dien, est très épuisé et inefficace. Les femmes semblent également être d’un différent type que ce que présentait Jewel Staite dans le court métrage. Elles sont endurcies et semblent avoir traité le problème de leur mère différemment. Même Stevie, qui passe à travers de terrifiants scénarios supernaturels grâce à son don, est capable de les gérer avec plus de facilité que son petit ami. Pourquoi un passage à une distribution remplie de femmes? Pourquoi était-ce important à l’histoire que vous vouliez raconter?
Le court métrage est ultimement à propos du personnage de Jewel, alors The Pact m’a toujours donné l’impression d’être une histoire de femme. De plus, presque tous les grands films d’horreur sont à propos de femmes. Je suppose qu’autant le court que le long métrage sont des approches différentes sur des personnages traitant avec des problèmes réprimées. Je crois qu’il y avait peut-être quelque chose de plus approprié dans le milieu du court métrage de suivre un personnage comme Jewel, qui possède une confusion qui est plus particulière à une personne qui est un peu plus âgée, qui a un enfant, etc. Dans le prochain film que j’espère faire, la concentration sera plus sur ce type de personnage, en opposition à la rage juvénile d’Annie dans le long métrage de The Pact.
La scène avec l’utilisation de Skype est si effrayante dans les deux films – marcher partout dans la maison pour essayer d’obtenir un signal – c’est une ironie si intéressante qu’elle essaie de communiquer avec son enfant à travers son ordinateur, alors que l’entité essaie de communiquer avec elle à travers les lumières. Une grande partie de notre expérience est maintenant filtrée à travers des médiums technologiques (et même dans ce cas-ci, un médium physique avec le personnage de Stevie). La communication directe est de plus en plus minimisée dans nos vies. Est-ce que j’en fais une interprétation trop large??
Vous n’en faites pas une interprétation trop large, c’est précisément ce que j’espérais présenter.
En fait, à bien y penser, même la photographie de fantômes est une forme de communication à travers une technologie, qui a été disponible bien avant l’arrivé des téléphones, et il y a des éléments de photographie de fantômes dans votre film, souvent sous la forme de mains qui pointent vers des indices. Qu’elle est votre opinion sur la possibilité que la technologie puisse capturer des esprits ou être un conduit pour eux?
Tout ceux que je connais utilisent constamment la technologie pour communiquer et ne pas le dépeindre dans un film semblerait faux. De plus, pour les deux versions, j’aimais l’idée d’avoir un personnage qui utilise Skype, un téléphone intelligent ou autre dans leur vie quotidienne, puis de le juxtaposer dans la maison de leur mère, une maison qui semble coincée dans une autre époque. C’est une image d’isolement d’un enfant par leur parent. Puis, le tout se reliait bien au phénomène de la photographie de fantômes. Depuis l’invention de la caméra, les gens ont cru qu’il s’agissait d’un outil capable de capturer les esprits ou de capturer l’attention des esprits. Pour moi, ce sont toutes des images de déconnexion et cela convenait aux films de PACT, puisqu’ils étaient à propos de personnages confus qui cherchaient la vérité.
En ce qui concerne la capacité de la technologie de capturer des images de fantôme, etc., j’ai toujours été un sceptique. Par contre, lorsque nous avons fait le court métrage, il y avait une scène spécifique impliquant un effet de vacillement de lumière pour dépeindre l’invasion de l’esprit fantôme de l’histoire dans une prise électrique. Nous avons préparé le plan et Jewel Staite était prête à faire son travail. Un instant avant que j’annonce l’action, une chose bizarre s’est produite: une autre lumière dans le plan que nous ne contrôlions pas s’est mis à vaciller par elle-même.
Le tournage se déroulait dans la maison d’une femme récemment décédée. Quelques mois plus tard, après que le film fut complété, je l’ai montré à son fils. Il a remarqué que la composition du plan où les lumières avaient vacillé correspondait parfaitement à la composition de la toute première photo digitale qu’il avait pris de sa mère à cet endroit un peu avant son décès. Lorsque nous avons fait le long métrage, le directeur artistique Walter Barnett et moi voulions rendre hommage à ce fantôme. Alors, l’équipe de Walter a eu la permission d’emprunter des objets clés de la maison de cette défunte femme et nous les avons soigneusement placés dans plusieurs plans de notre film.
A-t-il toujours été prévu de ne pas montrer ce qui est arrivé aux soeurs alors qu’elles étaient des enfants?
Je n’ai jamais voulu montrer ou parler de ce qui leur était arrivé. J’en ai parlé à chacune des actrices – elles devaient le savoir – mais ce ne devait pas être montré. J’imagine que cela peut être frustrant pour certaines personnes, mais ce choix était fidèle au monde de ces films, que certaines personnes ont une partie de leur passé qu’ils gardent secret.
Maintenant que vous avez obtenu un succès critique avec un film d’horreur, avez-vous reçu des offres pour d’autres projets de films de genre?
Oui, j’ai reçu des offres. Ce que j’aimerais vraiment faire, c’est un autre film qui sera le mien. Je pense toujours à Cronenberg, à quel point il a été fidèle à lui-même, de ces premiers films et même jusqu’à ses films de grands studios. Je ne veux pas de voiture de luxe, je veux juste mourir en sachant que j’ai fait un film qui était spécial à quelqu’un.
Dernière question: êtes-vous un fan de Bad Ronald?
J’adore Bad Ronald et il y a un plan dans le long métrage de The Pact qui y fait référence directement, où Caity Lotz reçoit la lumière du judas sur son visage pour la première fois. J’ai pris cette image du point culminant de Bad Ronald. Le plan qui suit, où elle regarde à travers le judas, est également une référence visuelle, au fameux gros plan d’un oeil de Psycho. Mon film n’a pas beaucoup d’hommages ou de plans volés, mais je suis fier de ces deux plans ensemble – c’est une bonne représentation de mon goût, Bad Ronald et Psycho!
juillet 25, 2012
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