COLD STEEL DE DAVID WU

COLD STEEL DE DAVID WU: Les balles ne connaissent aucune pitié.

Par Marybel Gervais

 

Quels sont les critères d’un bon film de guerre toutes nations confondues ? Plusieurs diront que les scènes d’action doivent être nombreuses et fortes. D’autres préféreront les moments représentant le calme avant la tempête. L’équilibre entre les deux crée l’harmonie parfaite sachant plaire aux deux parties. Pour ma part, j’aime sentir une complicité, une intimité avec les personnages comparables à celles qu’ils ont entre eux. Je trouve que les périodes d’attente où les dialogues placent soigneusement les pièces importantes du jeu sont la clé du succès des scènes d’actions. Le nouveau long-métrage du réalisateur/acteur/éditeur David Wu, Cold Steel (sélection officielle du Festival du Film de Palm Spring 2012), démontre cette communion parfaite entre les moments qui nous tiennent hors d’haleine et ceux qui nous laissent respirer tout en nous invitant à approfondir la chimie nous liant au héros.

 

Dans un petit village chinois touché, comme le reste du pays, par une féroce guerre contre les Japonais, Liangfeng Mu (Peter Ho) mène sa vie comme il le peut. C’est un jeune homme de bonne foi jouant souvent auprès de son entourant le rôle du bon samaritain. Un de ces jours, il vient en aide à un homme blessé suite à l’écrasement de son avion. Ce sera une de ces rencontres qui change une vie. John deviendra en quelque sorte le mentor de Mu. Il partagera avec lui sa passion pour les armes à feu et lui léguera son favori Springfield. Lors d’une altercation dans son village où l’armée chinoise est présente, Mu sera contraint de s’enrôler. Ses capacités de tir sont manifestement reconnues. L’idylle qui se développait depuis peu entre Mu et Liu Yan, la propriétaire d’une maison de thé, se renforcera par l’éloignement des deux tourtereaux. « Loin des yeux, loin du coeur » sonne décidément faux à leurs oreilles. Liangfeng Mu apprendra la dureté et l’impitoyabilité de la vie en dehors de sa petite communauté et s’accrochera à cet amour naissance pour survivre au pire.

 

 

L’humanité dont fait preuve Liangfeng fortifie rapidement notre empathie pour ce protagoniste. Grâce à l’efficacité de la scénarisation, l’histoire nous touche profondément et nous transporte dans l’intimité de Mu. Il devient notre allié dans sa propre aventure. Ses difficultés, ses joies, ses espoirs deviennent les nôtres. David Wu a côtoyé des gens d’expériences et il est lui-même quelqu’un dont les bagages filmiques ne se comptent plus. Sa maîtrise de l’art qu’il exerce est véritable et c’est dû à celle-ci que Cold Steel est une réussite sur tous les plans. Son récit, minutieusement écrit, est touchant et ponctué d’un humour rafraîchissant qui permet d’alléger la dureté et la froideur de certaines séquences. Les scènes s’emboitent parfaitement les unes après les autres et chacune trouve sa place constructivement. Le grand récit d’un petit homme héroïque.

 

Techniquement, Cold Steel ne laisse pas sa place. Certains plans coupent le souffle sans avis. Les lieux de tournage rajoutent évidemment leur grain de sel exotique. Les mouvements de caméra gratifient périlleusement les scènes d’action et ses bombardements, ses explosions spectaculaires. Nous sommes loin d’un groupe d’amateurs. La musique personnifie l’incarnation du film. La plupart du temps, les images défilent sur une trame sonore de musique classique, ce qui sied à merveille à cette oeuvre respectant les principes de l’art. Franchement, la conception de Cold Steel par David Wu manifeste d’une unité absolue et magnifique.

 

 

Un film à choisir dans sa sélection cette année, Cold Steel ne décevra pas l’amateur d’épopée héroïque sous fond de guerre. Oubliez pendant cette heure et demie les nombreux récits d’arts martiaux issus de cette contrée et ouvrez l’oeil sur d’autres réalités entourant ce peuple. La guerre a réellement forgé plusieurs nations, dont la leur. L’histoire de Liangfeng est bien entendu fictive, mais elle ne sonne pas du tout faux. Une réussite, ce Cold Steel. David Wu sous son meilleur jour !

 

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COLD STEEL sera en première canadienne le 21 juillet à 16h20 dans le théâtre Concordia Hall en présence du réalisateur David Wu et du compositeur Lawrence Shragge. Plus d’info sur ce film ICI.

 

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