AS LUCK WOULD HAVE IT

AS LUCK WOULD HAVE IT: La nouvelle comédie noire d’Alex de la Iglesia
Marybel Gervais

La réputation d’Alex de la Iglesia n’est plus à faire. D’une notoriété exponentielle en Espagne, il est loin d’être inconnu par les cinéphiles d’autres pays. Parmi ses perles, on compte Le jour de la bête (El dia de la bestia, 1995), Mes chers voisins (La comunidad, 2000) et The Oxford Murders (2008). Plusieurs attendaient avec impatience la première canadienne de son dernier bébé, As Luck Would Have It (La Chispa de la vida). La charmante Salma Hayek y tient un rôle qui lui vaut déjà une nomination pour un Goya en Espagne. Tous les éléments d’une recette réussie semblent présents !

Lorsque la situation financière de Roberto frôle les bas-fonds, la vie planifiée qu’il s’évertue à entretenir depuis toujours s’effondre. Dans sa tête, il est inacceptable pour un vétéran de la publicité autrefois adulé de terminer son existant sans fortune. Sa situation le répugne à un point qu’il ne la mentionne pas à sa femme (Hayek). Déjà au bord du ravin, un autre malheur le frappe de plein fouet (c’est le cas de le dire !). Un accident le contraint au sol par une barre de métal lui traversant la tête et l’empêchant de bouger. Malgré tout, il est pleinement conscient et capable d’utiliser toute l’intelligence dont il fait preuve. C’est à ce moment que son bagage professionnel servira sa cause financière. Il créera, à partir de ce drame, un événement médiatique titanesque et placera ses pions un à la fois en manipulant les uns comme les autres

Écrire une comédie noire débordante de sarcasmes et ironique à souhait demande définitivement un savoir-faire. Le spectateur peut se perdre rapidement puis se désintéresser du film si le scénario ne va pas de l’avant. Randy Feldman sait incontestablement comment forger une lame à double tranchant. Le sarcasme dont il fait preuve dans As Luck Would Have It irise les dialogues et les situations sans jamais perde la logique de l’histoire. De la Iglesia a vu dans ce scénario une oeuvre en symbiose avec sa filmographie. Sa direction pimente à souhait l’histoire de Feldman. On rit, on pleure, on s’indigne selon les désirs du réalisateur. Ses images sont magnifiquement composées de manière épurée, sans trop d’artifices. Un peu quand même, mais juste assez ! C’est cette chimie parfaite entre l’expertise de ces deux hommes qui rend cette oeuvre un divertissement réussit sur toute la ligne.

À plusieurs égards, As Luck Would Have It est une critique sociale de ces médias qui propagent comme une traînée de poudre une panoplie de faits divers en usant de sensationalisme. Dans le monde actuel, nous avons la fâcheuse habitude de dramatiser au maximum et de donner des proportions extrêmes au moindre événement. On semble souvent l’oublier. Se le faire mettre sous le nez grâce à ce film est décidément une bonne chose. Alex de la Iglesia ne ternira pas son blason et conservera ses adeptes avec As Luck Would Have It. Si vous avez aimé ses films précédents, vous serez charmé par celui-ci.

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AS LUCK WOULD HAVE IT sera présenté en première canadienne le 25 juillet à 22h00 au Théâtre Concordia Hall. Plus d’info sur ce film ICI.

 

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