RHYMES FOR YOUNG GHOULS Entrevue et offre de casting!

Jeff Barnaby's THE COLONY

Jeff Barnaby (File Under Miscellaneous), réalisateur local primé, a annoncé un casting ouvert pour les acteurs enfants et adolescents nécessaires à son premier long métrage Rhymes for Young Ghouls. S’il vous plaît, lire les détails ci-dessous à propos de l’offre de casting et pour connaître comment soumettre une audition.

Premières nations/Jeunes Autochtones
LONG MÉTRAGE – OPPORTUNITÉ D’AUDITION
Rene Haynes Casting en association avec Prospector Films recherche

Adolescente de sexe féminin des Premières nations d’âge 16 – 18 pour interpréter le RÔLE PRINCIPAL de 14 ans dans le long métrage de Jeff Barnaby “RHYMES FOR YOUNG GHOULS” en tournage à Montréal, QC, Canada en octobre 2012

Recherche également des rôles de soutien parlés – Tous les rôles sont de Premières nations / Autochtones:

Adolescents de sexe masculin – Âges de 16 – 19 ans
Filles – Âges de 7 – 10 ans (qui peuvent interpréter l’âge de 7 ans)
Garçons – Âges de 6 – 10 ans (qui peuvent interpréter les âge de 5 et 7 ans)

Cette recherche de casting se déroule par l’intermédiaire de soumissions d’auditions en ligne. Pour voir le matériel de cette OFFRE OUVERTE – s’il vous plaît vous rendre au :

http://actorscall.com/428c9

L’enregistrement auprès de ACTORS ACCESS est requis et est COMPLÈTEMENT GRATUIT pour ce projet. Tous les détails sont fournis dans le lien. S’il vous plaît, enregistrez-vous aussi tôt que possible et téléchargez votre audition! La DATE LIMITE est le 1er JUILLET 2012.

Pour toute question : rene@rhcasting.com

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Jeff Barnaby

 

Shayne Gryn s’entretient avec  Jeff Barnaby à propos de son premier long métrage RHYMES FOR YOUNG GHOULS

Rhymes for Young Ghouls est votre premier long métrage. Parlez-moi des différences que vous avez rencontrées entre la création de longs métrages et le format du court métrage.

Et bien, ce n’est pas le premier scénario que j’ai écrit, ça aurait été Blood Quantum, la différence étant que j’ai écrit environ neuf brouillons de B.Q., essayant de trouver ce que je ne faisais pas comme il faut, alors que j’en ai écrit deux pour RFYG. Le premier étant celui qui a gagné le prix de « Creative Promise » à Tribeca. Le problème est que je provenais d’une formation de prose/poésie et je ne comprenais pas vraiment la structure d’un scénario et des règles qui y étaient liées. De plus, je suis un écrivain très émotionnel et viscéral, ce qui se traduit bien en courts métrages, j’ai écrit FUM en quelques heures, The Colony en environ 3 jours, mais le problème avec un format plus long, l’histoire a tendance à se perdre en méandres, alors que les courts métrages se contiennent mieux. Donc je devais trouver un moyen de transférer cette énergie en un format plus long, alors John et moi avons décidé de simplement commencer avec une ébauche. J’ai réussi à m’asseoir et écrire des scènes avec le même type d’instinct et de violence, car faire une ébauche est encore un format plus court, mais avec des traits plus larges. Puis, sachant ce que je devais faire pour relier le tout, puisque j’avais déjà trouver la structure à l’avance, j’ai réussi à maintenir cette énergie à travers tout le scénario. Ceci étant dit, Karen Walton a tout de même dû m’asseoir et m’apprendre comment mettre en forme un scénario d’une façon qui ne me faisait pas avoir l’air d’un plouc.

Des récits de Premières nations sont souvent sous-représentés au cinéma. Pensez-vous que raconter des récits de Premières nations a rendu le tout plus difficile à faire connaître ces histoires, ou est-ce que le manque de proéminence d’histoires des Premières nation a aidé à propulser vos films vers un public plus large?

C’est une question vraiment compliquée, car les Indiens ont été présents dans les films depuis leurs création, alors ce n’est pas qu’ils sont sous-représentés, mais faussement représentés. Le choix du méchant depuis la création du cinéma a été l’Indien et ceci s’est continué jusqu’aux années 1970, où le sauvage a été remplacé par le sage avec un tambour et une plume qui parle au vent et au grand esprit indien. Ce qui est l’Indien avec lequel nous avons affaire maintenant. C’est le gars qui apparaît dans Avatar, dans Pocahontas, Dances with Wolves, etc etc. Je déteste ce gars là, si je le rencontrais dans un bar, je le saoulerais, puis je le frapperais sur la tête avec un tabouret de bar et je lui dirais « à toutes tes relations enfant de chienne ». Et vraiment, à la fin de la journée, c’est ce qui rend le tout difficile, parce que personne ne veut voir un Indien ivre et belligérant, ils préfèrent le voir agiter une plume d’aigle en parlant de ses ancêtres, pas en train de se saouler et de commencer des batailles dans un bar. Mais c’est ce gars que j’adore et duquel je voulais raconter des histoires. Parce que cet Indien est fâché des choses qu’il a perdu et il y a une véritable douleur humaine, et l’horreur de cette douleur est qu’il n’y a pas de réelle définition de cette perte, mais nous savons qu’en tant que personne autochtone, sans équivoque, il n’y a aucune façon de le ravoir, qu’importe ce qu’est cet ineffable identité d’être autochtone. Alors tout ce qui reste est de ramasser les morceaux que l’on croit être authentiques. Et la définition la plus connue de ce que sont ces pièces provient de gens qui nous connaissent comme étant soit des sauvages ou un être spirituel illuminé, idéal impossible à atteindre. En tant que personne autochtone, nous faisons l’une de deux choses, on se détruit ou on va de l’avant, et l’on retrouve une beauté navrante pour chaque. C’est le propos de mes histoires, et par extension, le fait d’être un autochtone créant des films, je fais parti de tout ce processus, et je crois, si en effet mes films plaisent à un public plus large, ce serait pourquoi. En tant que personne non autochtone, il y a cette progression de la société qui a amené de grandes choses dans le monde, et l’on adore et apprécie d’en faire partie, mais en même temps, ce n’est qu’humain de ressentir quelque chose à propos de la façon que l’on s’est rendu à ce point, alors il y a une fascination à regarder cet indien post apocalyptique se sortir des décombres. Et en tant que personne autochtone, le cinéma, de certaines façons nous fait ressentir que l’on fait partie de la progression, dont nous avons été majoritairement écarté, et plus spécifiquement de nous inculquer un sentiment de fierté et de guérison. Je crois que je ne fais qu’explorer la surface ici, et l’ambition va bien au-delà du cinéma.

File Under Miscellaneous était un court métrage de science-fiction dystopique avec un très fort message sur l’identité des Premières nations. Est-ce que votre objectif principal était de raconter une histoire de science-fiction, qui était influencée par vos propres expériences et votre héritage, ou est-ce que votre objectif était de partager la perspective des Premières nations sur l’identité, à travers le moule d’une esthétique de science-fiction?

En tant que geek de cinéma et cinéaste, j’ai définitivement voulu faire un film de science-fiction. C’était définitivement un effort technique. J’étais effectivement le superviseur des effets visuels du film et l’un des principaux objectifs était d’étendre les connaissances d’infographie et d’effets visuels pratiques de l’équipe. À l’époque, je pensais que l’on allait produire Blood Quantum et je voulais amasser autant d’expérience que possible à lancer du sang et des membres de corps partout. Ceci étant dit, je crois que le message de ce film s’applique à tout le monde, je crois que si l’on est noir, blanc, brun, rouge ou jaune, il y a une culture occidentale embourgeoisée qui est écrasante et affronte n’importe quelle origine ethnique d’où l’on peut provenir. C’est vraiment le sujet du film, pas vraiment le fait que l’homme dans le film est Mi’gmaq, mais qu’il y a une dilution de qui nous sommes en tant qu’individu face à cette culture de consommation homogène, la seule différence étant que dans FUM, ils consommaient des personnes au lieu de consommer des biens. Lorsque je le présente de cette façon, il n’y a pas vraiment de différence du tout je suppose. Une idée qui n’est pas tout à fait profonde, mais je pense que ce qui sépare FUM d’autres visions oppressives et dystopiques du futur, c’est que personne n’a enfermé nos têtes indiennes dans une cage avec un rat, il y est allé de son plein gré. Cela en dit long sur l’épuisement spirituel du personnage dans le film. Pour moi, cela provenait uniquement de mon origine culturelle, le poème que l’on entend dans le film, le poème du cavalier solitaire, c’est quelque chose que j’avais écrit lorsque je suis arrivé à Montréal pour la première fois, et je ne cadrais pas du tout avec les autres. Pour moi ce n’était qu’une façon d’articuler à quel point je me sentais aliéné et à quel point je voulais être accepté.

Quel a été votre réaction lorsque vous avez remporté le prix du Creative Promise Award pour le narratif au Tribeca All Access? Croyez-vous que cela vous a ouvert de nouvelles portes, ou augmenté votre « légitimité » en tant que cinéaste?

J’étais sous le CHOC, sous le CHOC EN MAJUSCULES, j’étais convaincu qu’il n’y avait aucun moyen que l’on puisse gagner. Cela m’a définitivement ouvert des portes. Je crois qu’être un artiste avec du succès vient vraiment de l’opportunité, et ce que CFC et Tribeca ont fait, c’est de me placer dans une position pour montrer mon œuvre, ce qui est l’objet du programme. J’étais véritablement bouche bée, ils ont cette superbe photo de John et moi avec de gros sourires jusqu’aux oreilles. Je me sentais vraiment bien, j’avais appliqué à d’autres programmes aux États-unis avant et je m’étais fait refusé, mes films n’ont jamais eu autant de succès aux États-unis qu’au Canada ou à l’étranger, et je pense que cela est lié aux politiques des films plutôt que leur qualité. John et moi avons toujours eu l’impression que l’on faisait des films de classe mondiale, alors il ne s’agissait pas nécessairement de légitimité, mais plutôt une certaine validation. Je me rappelle qu’après avoir gagné, John et moi marchions à travers Midtown à New York, et j’ai eu ce moment de calme où je me suis rappelé qui j’étais et d’où je venais, un gamin solitaire d’une réserve en milieu rural au Québec qui a grandi dans une famille d’accueil, et je me retrouvais dans la plus grande ville du monde, un père, un artiste en chemin. Toutes les choses à travers lesquelles j’ai passé au cours des 35 premières années de ma vie en ont soudainement valu la peine.

Vous avez déjà parlé de l’importance des aspects techniques de la création de films, jusqu’à l’éclairage et le storyboard. En tant que spectateur, y a-t-il des tropes courants que vous voyez dans des films qui vous donne le goût d’arracher vos yeux de la tête?

Pas vraiment, c’est sûr qu’il y a certains cinéastes dont je crois qu’ils ne devraient jamais être autorisés à faire un autre film de leur vie. Mais tout le monde a ce type de liste. L’approche généralement paresseuse à la création de films avec des formules : la structure en 3 actes avec une fin heureuse où le méchant obtient ce qu’il mérite en tant qu’approche standard est devenu assez ennuyeux. C’est de cette façon qu’on obtient de mauvais réalisateurs. J’aime me concentrer sur les aspects techniques du déroulement d’un récit, juste pour avoir une façon de les réinventer, ou au moins essayer de les réinventer. La façon que l’histoire est racontée est tout aussi importante que l’histoire elle-même, et le cinéma est un art unique, puisqu’il y a tant de façons différentes de changer la présentation, il est triste que le cinéma populaire soit coincé en une seule approche générique. Si l’on regarde City Of God, Fight Club, Pulp Fiction, une partie des raisons pour lesquelles ils étaient des films si marquants est à cause de la façon que leurs histoires ont été racontées cinématographiquement.

Est-ce que Rhymes for Young Ghouls  est un drame traditionnel, ou est-ce que des éléments de films de genre y seront incorporés?

C’est définitivement un film de genre, bien que le genre que je vais utiliser est une autre question. Il y a des éléments d’horreur, il y a un peu de film noir, il y a un peu de film de casse, et il se situe dans les années 1970, alors je suppose qu’on pourrait dire qu’il est rétro aussi. Et je ne suis pas sûr si les gens quantifient le cinéma autochtone comme un genre, mais on y trouve également quelques Indiens. Ce n’est pas vraiment quelque chose que j’avais prévu de faire, il s’agissait plutôt de ce qui semblait être de très bonnes idées à mettre dans un scénario.

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