SPACE BATTLESHIP YAMATO

SPACE BATTLESHIP YAMATO: Ariel Esteban Cayer jette un œil sur l’adaptation cinématographique de la classique série animée

Pendant l’hiver de 2010, tandis que la plupart des audiences amatrices de blockbusters avaient les yeux rivés sur la première partie d’Harry Potter and the Deathly Hallows, les salles de cinéma japonaises étaient accaparées par une adaptation bien des leurs : Space Battleship Yamato, réalisé par Takashi Yamazaki (de la série de films Always, Sunset on Third Street) et écrit par Shimaku Sato (dont K-20: Legend of the Mask a aussi joué à Fantasia). Détrônant le piètre sorcier adolescent au box-office, Space Battleship Yamato est la première adaptation non-animée de la bien-aimée série de Yoshinobu Nishizaki.

Diffusée de 1974 à 1975 pour un total de 26 épisodes, Space Battleship Yamato a depuis laissé place à 6 films animés, 2 suites télévisuelles (Space Battleship Yamato II and Space Battleship Yamato III), quelques jeux vidéo, 2 OVA (original video animation) et, notoirement, une adaptation manga de son légendaire co-créateur et maître du space opéra Leiji Matsumoto – dont  l’œuvre est familière aux audiences nord-américaines grâce à l’immense popularité du mince et beau capitaine Albator, dont la coiffe, bekke gueule et héroisme charma plus d’une jeune fille (et jeune garçon) dans la cultissime série Albator, le corsaire de l’espace (1978), dont le héros est mieux connue sous le nom de capitaine Harlock dans le reste du monde. Similairement, la série Space Battleship Yamato était principalement connue en Amérique du Nord sous le nom international de Star Blazers, une version recoupée et doublée regroupant les trois saisons de Space Battleship Yamato en 77 épisodes à une époque où les séries japonaises comme Battle of the Planets (1978-1985; adaptée de Science Ninja Team Gatchaman), Voltron (1984-1985) ou l’excellent Galaxy Express 999, également de Leiji Matsumoto (1978-1981) envahissaient les écrans nord-américains.

Suivant le modèle initié par Star Trek de Gene Roddenberry (1966-1969), beaucoup d’éléments dans le Space Battleship Yamato de 2010 sont construits sur des archétypes du genre. Racontant la mission du Earth Defense Force (EDF), chargés d’aller chercher une arme antiradiations aux confins de l’univers (spécifiquement sur la planète Iscandar) afin de rétablir l’écosystème terrestre à sa verdure de jadis, beaucoup du scénario de ce film rappellera Battlestar Galactica telle que relancée en 2004 (incluant les décors et costumes très militaristes) et ce, même si la série originale ne fut diffusée qu’en 1978. Ceci dit, le film de Yamazaki a beaucoup pour plaire, surtout en tant que film existant (et inspiré) des nouveaux films de Star Wars; incluant de la technologie pouvant détruire des planètes, de beaux extra-terrestres, la fin du monde et de glorieuses batailles spatiales durant lesquelles il est possible d’entre les sons des lasers (se plaindre à se sujet m’a toujours dépassé) ainsi qu’une grosse poignée de mélodrame typiquement japonais, pour faire bonne mesure. En termes d’esthétique, Yamazaki s’inspire du subtilement influent Star Trek (2009) de J.J. Abrams et nous propulse dans une éclatant et vibrant futur de lens flares et d’énergie extra-terrestre. Adaptant l’intrigue principale de la série animée plutôt fidèlement, le scénario de Sato prend cependant quelques libertés, donnant par exemple un plus grand rôle à la pilote Yuki, causant inévitablement une histoire d’amour entre elle est le personnage principal, Kodai, qui, sans être Albator, est joué par le charmant Kimura Takuya (dont le mignon surnom affectueux est Kimutaku). Sato transforme  Sado, le docteur du vaisseau et Aihara, l’officier de communication en femmes (remarquez l’étrange similarité phonétique entre ce nom et celui de l’officière de communication d’un certain U.S.S. Entreprise, Uhura) et il modifie les villains Gamilons (Gamilas dans ce film), initialement les antagonistes à la peau bleu provenant de la planète Gamilon (planète partageant son orbite avec Iscandar) en êtres d’énergie partageant une conscience commune et capables de posséder leurs hôtes ou se manifester en formations de cristaux. Une tournure moderne qui pourrait ne pas plaire aux puristes, mais qui permet au film d’atteindre une sensibilité et crédibilité moderne qui aurait peut-être été impossible eut-il inclut des hommes bleus en costumes.

Long de presque 2h30, le film de Yamazaki et un actualisation détaillée et plaisante de l’imagerie de la série animée, permettant à de nouvelles audiences de découvrir le monde post-apocalyptique de Space Battleship Yamato dans une succession de visuels épiques et au travers d’une histoire bourrée d’action qui, même si elle souffre de certains défauts de rythme et de développement de personnages associés au gros films popcorn, est suffisamment divertissante et impressionnante pour convaincre plus d’un fanatique de space opera, et ce, peut-importe l’âge.

Space Battleship Yamato 2199, la 4e série (ou saison) de la franchise (supposée être un remake de la série originale en 26 épisodes) sera diffusée à partir du 7 avril au Japon et les deux premiers épisodes seront montés ensemble pour être montrés au cinéma sous la forme d’un film. Restez à l’affut pour plus d’information sur une sortie canadienne de Space Battleship Yamato.

(Traduction : Ariel Esteban Cayer)

 

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