LA RENAISSANCE DES ANTHOLOGIES DE FILMS D’HORREUR
LA RENAISSANCE DES ANTHOLOGIES DE FILMS D’HORREUR
Une entrevue avec le co-écrivain et producteur de THE PROFANE EXHIBIT, David Bond
par Kier-La Janisse
(Traduit par Stephane Landry)
L’anthologie du film d’horreur. Ce format, qui permet de ramasser le plus d’effrois, d’idées radicales dans un temps de 90 minutes a un historique houleux; il y a quelques années ce genre de truc était loin d’une valeur sûre pour un investisseur. Mais avec des titres comme The Profane Exhibit, V/H/S, Little Deaths, The ABC’s of Death, Chillerama, The Book of Horror et plusieurs autres qui sont parus dans les dernières années, il y a peu de doute que l’anthologie est maintenant entrain de se trouver un deuxième souffle.
Les anthologies avec lesquelles j’ai grandi dans les années 70 et 80- des producteurs Dan Curtis ou Amicus ou comme Creepshow et The Offspring (un de mes préférés)- souffraient d’une piètre qualité mais les fans en redemandaient. Un des facteurs semble être le talent – les nouvelles anthologies ne sont pas de petites histoires dirigées par le même réalisateur mais plutôt des affaires de star (en tout cas de le monde du film de genre) qui ont aidé à amener une nouvelle mythologie à une nouvelle génération de réalisateurs de films d’horreur en leur donnant beaucoup de liberté artistique. Parfois l’aspect intéressant est la collaboration elle-même, de voir la communauté se nourrir de sa propre énergie.
Bien que vous pouvez vous attendre à lire d’autres textes sur les anthologies dans les pages de Spectacular Optical, nous voulions prendre un moment avec David Bond le créateur de The Profane Exhibit – une anthologie de 10 films extrème de gens comme Richard Stanley, Ryan Nicholson, Yoshihiro Nishimura, Uwe Boll, Sergio Stivaletti, Michale Todd Schneider, et plus – parce qu’il y a un buzz présentement. Bond nous parle donc du format, des origines du projet ainsi que de la corruption.
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Vous êtes le producteur et écrivain principal de The Profane Exhibit, aviez-vous déjà écrit les segments et ensuite vous avez approché les réalisateurs en lien avec des histories spécifiques ou avez-vous offert un segment aux réalisateurs et ensuite vous avez écrit le scenario en vous basant sur leur vision?
Mon partenaire Manda Manuel et moi avions un carré de sable initial puis nous avons choisis une ville comme Pittsburgh, Capetown ou Rome etc. et ensuite nous avons créé un “son” comme Skinny Puppy pour Vancouver et ensuite nous avons choisis un réalisateur dans cette ville. On envoyait ensuite un jet initial et le nom d’un comédien de notre choix, un budget et la musique. Le reste appartient au réalisateur du segment.
Est-ce que le comédien de votre choix devait être le personnage principal ou est-ce qu’il pouvait simplement être figurant? Concernant le son, est-ce que celui-ci devait influencer le ton du film ou ètait-ce une façon de tenter d’avoir des compositeurs pour les segments?
Les comédiens pouvaient simplement être dans le film. Dans Good Wife, un des comédiens est venu de New York pour simplement être une victime. Les compositeurs amenaient quelque chose aux scenarios et ce même avant les réalisateurs. Nous avons eu d’ex-membre de Marilyn Manson, Nine Inch Nails, le groupe black métal Norvégien, Mayhem. Il y avait aussi des icons gothiques. Des membres de groupe industriel, métal gothique de partout à travers le monde. Nous avons même eu des compositeurs célèbres de films d’horreur. La musique pour chaque film a eu un influence sur le ton de chaque film.
Comment c’est déroulé le processus de sélection des réalisateurs? Quelles étaient les qualitiés recherchées?
Nous cherchions des réalisateurs qui comprenaient la nature même de la corruption. Les réalisateurs avaient tout créés des films reconnaissables.
Aviez-vous beaucoup d’influence sur les segments lorsque la production débutait? Étiez-vous sur le plateau de tournage?
Manda et moi sommes très impliqués comme producteurs. Avoir un éditeur incroyable comme Jeremy Kastin et un écrivain comme Scott Swan aide beaucoup. Nous tentons de nous rendre sur les plateau mais nous faisons de l’auto-financement donc on se fie beaucoup à nos equips. Nous faisons confiance aux habiletés et l’artisanerie des réalisateurs que nous avons choisis.
La scène des gens riches assis dans la “Chambre des âmes” entrain de discuter de discuter d’histoires grivoises me fait penser à une version d’horreur du Decameron. Dans le Decameron les histoires sont décadentes et c’est facile de détester ceux qui racontent les histoires alors que la population à l’extérieur meurent à cause de la peste. Ces histoires sont pour s’échapper de la difficile réalité et se protéger contre la peste. Je me trompe peut-être mais était-ce une influence?
L’idée a commence avec Salo [1]. Chaque personne racontait une histoire sur le concept de la corruption dans leur vie.
Le mot corruption revient souvent – pouvez-vous nous offrir vote définition et son utilité? Par exemple Richard Stanley me semble être une personne très spirituelle donc son concept de corruption pourrait être différent de ce que les gens pourraient assumer. J’imagine que la corruption pour Richard c’est quelque chose de transcendent.
Dans le monde moderne presque tout le monde est corrompu et c’est fait si facilement. La corruption est aussi naturelle que la naissance et la mort. Nous naissons, nous vivons, nous décidons et nos corps sont corrompus à pourrir dans le sol – en nourrissant le sol et les nouvelles idées. À la fin, c’est la responsabilité de chaque réalisateur d’amener son concept de la corruption dans son segment. Richard lui a choisi d’amener le concept du conflit vis à vis le materiel dans un segment nommé Coltan qui est sur l’utilisation du cellulaire. Ce qui veut dire que tout le monde a du sang sur les mains parce que nous voulons tous le nouveau modèle de cellulaire.
Parce que nous ne sommes plus une société spirituelle, comment pouvons-nous définir ce qui est profane. Lorsque vous élaboriez ce que vous vouliez dans ces histories, quelles images aviez-vous dans votre tête? Y a-t-il une fonction sociale à exposer ce qui est profane pour confronter les gens à des “actes atroces”?
J’ai débuté avec la nature du video viral – Two Girls one Cup, Lemon Party et 3 Guys One Hammer. Quand j’étais jeune j’avais Cannibal Holocaust. Donc qu’arriverait-il si des réalisateurs renommés qui exploraient ces images dans l’ère de l’internet? J’ai toujours cru que le spectateur était “l’exhibition profane”; dans Coltan c’est le besoin d’un nouveau iPhone qui permet des atrocités en Afrique. Le film débute avec des actes de corruption et progresse jusqu’à temps que le monde entier est au prise avec la corruption. Comme dans “Viral”, notre besoin est de regarder, commenter, ce qui fait partie de notre société d’aujourd’hui.
Parlez-moi de l’affiche provocante de Chad Michael Ward. A-t-il conçu le concept?
Nous avons discuté pendant quelques semaines puis je lui ai demandé de créer sa meilleure image à vie. Quelque chose encore mieux que sa série Pain Box.
L’anthologie – spécifiquement l’anthologie d’horreur- a un historique un peu turbulent qui à peine cinq ans passé faisait peur aux investisseurs. Cependant dans les dernières années, spécifiquement depuis Little Deaths, nous avons vu beaucoup d’activité dans ce marché. Qu’est-ce qui est arrivé?
Je pense que Trick r Treat a vraiment changé l’anthologie. Ce film a prouvé qu’un studio majeur pouvait faire le marketing et faire un profit d’un sortie en DVD. Notre but avec Profane est de bâtir sur ce succès.
Il y a beaucoup d’interaction entre les participants dans ces anthologies- Simon Rumley a travaillé dans Little Deaths et aussi dans ABCs of Death, Richard Stanley a fait Theatre Bizarre et est maintenant dans Profane Exhibit- pensez-vous qu’il y a une forte communauté qui a aidé la promotion du format?
Vous devez vous souvenir, nous sommes le “fight club” du monde de l’horreur. En janvier lorsque nous tournions le premier segment, personne ne parlait d’anthologie. J’ai simplement choisi de travailler avec des gens qui me parlait dans ce projet. Si on fait un film sur l’Afrique, il y a seulement un seul réalisateur Afro-Américain qui est compatible pour ce genre de projet. Pour la communauté…Ça devient plus fort mais on a du chemin à faire encore pour rejoindre la communauté des années 80.
Pouvez-vous élaborer?
Jusqu’à récemment, l’horreur était très cyclique ou l’intérêt avait des hauts et des bas. Avec internet, en publiant des livres et films indépendents, le genre a gardé une constante présence donc le marché ne c’est pas écroulé comme par le passé. Lorsque nous commencions notre magazine, la communauté d’écrivain de fiction nous supportait. Tout le monde voulait nous aider dans les années 90. Il n’y avait pas d’individualité. C’est la même chose avec Profane. Nous avons reçu beaucoup d’aide et d’intérêt et les gens veulent s’impliquer. En disant ça, il y a quand même un peu de compétition et avec les nouveaux qui se lancent dans le genre, la confiance doit se construire. Peut-être une association, organization ou club pourrait être créée pour réunir les groupes. Un peu comme Horror Writers of America a fait pour la communauté des écrivains pour un bref moment dans les années 80.
Qu’elle est votre anthologie préférée?
J’adore les films de Amicus et j’espère que ça se voit dans notre segment Rue des martyrs…
avril 1, 2012
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