THE SCARLET WORM: POÉSIE ÉCARLATE

THE SCARLET WORM: POÉSIE ÉCARLATE
Entrevue avec Eric Zaldivar

par Ariel Esteban Cayer

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Ne laissez pas le titre vous confondre. The Scarlet Worm, malgré un micro-budget, n’a rien de petit et ne manque pas d’ambitions. Peut-être le seul western à adresser le sujet de l’avortement (les fans de la série télévisée Deadwood démentiront), le film, écrit par l’historien du western David Lambert (et donc fourni de détails dans lesquels l’amateur du genre pourra plonger) met en vedette Aaron Stielstra dans le rôle de Print, tueur à gage verbeux et philosophe pour lequel l’acte de tuer et comparable à une toile de Monet. Chargé d’assassiner un impitoyable propriétaire de bordel nommé Heirich Kley (Dan van Husen) prenant un plaisir sadique à infliger des avortements horribles à ses prostituées, Print est déterminé à peindre son dernier chef-d’œuvre – de sang bien sûr – tout en entraînant un jeune apprenti avec lui. Textuellement riche et supporté d’une narration inattendue, le film bénéficie d’une écriture intelligente et économe ainsi qu’un d’un acteur principal assez charmant et captivant pour soutenir le monologue. The Scarlet Worm est une réussite surprenante et un exemple marquant de réalisation avec peu de moyens. Pour plus d’informations sur le film, Spectacular Optical s’entretient avec Eric Zaldivar, historien du western et acteur interprétant Gus dans The Scarlet Worm : l’assistant et bras droit de Kley.

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AEC: The Scarlet Worm est un film dans lequel tu joues, mais également que tu a produit et pour lequel tu a servis de réalisateur de seconde équipe. Avant toute chose, je dois te demander : pourquoi le western te fascine-t-il tant?

EZ: J’adore le cinéma. Particulièrement le cinéma de genre. Et je crois que le plus cinématique des tous les genres est le western. Les paysages grandioses, les héros et vilains qui y parcourent font pour de grandes expériences de visionnement. Dans les dernières années, je suis devenu tout un historien du western, introduisant des films dans divers cinémas de répertoire ou en écrivant des critiques pour plusieurs publications du genre. J’ai même commencé à écrire un livre de référence il y a quelques années. Il est presque terminé, mais le climat actuel du journalisme étant ce qu’il est, je suis inquiet que les éditeurs ne soient pas intéressés. Nous verrons…

AEC: Le film a une distribution très intéressante, incluant deux vétérans du genre, Dan van Husen et Brett Halsey. Étais-tu un fan initialement et si oui, est-ce que ce fut une expérience intimidante?

Dan Van Husen (L) and Eric Zaldivar (R)

EZ: J’étais un fan des deux pour des raisons différentes. Dan va Husen est l’une de ces bouilles du Spaghetti Western qui apparait de film en film dans le genre (les autres acteurs qui me viennent en tête sont Mario Brega, Luigi Pistilli, Piero Lulli, Federico Boido) et qui, par leur présence, même si brève, augment le plaisir d’écouter un film, même si médiocre. Halsey est plus une tête d’affiche et quoiqu’il n’ait pas toujours choisi les meilleurs titres, il s’est toujours prouvé au-delà du matériel et sympathique. Inutile de te dire que j’étais intimidé par les deux sur le plateau.  Je les ai regardés au cinéma pendant des heures et des heures alors il m’était impossible d’être calme en leur présence.

Halsey était sur le plateau qu’un seul jour et même si j’ai pu lui tirer une bonne anecdote concernant Lee Van Cleef, nous n’avons pas eu le temps de nous connaître. Avec van Husen, par contre, j’ai pu travailler pendant trois jours de suite, donc à la fin, nous avions développés un lien en quelque sorte.

AEC: Quel était l’anecdote sur Van Cleef?

EZ: L’anecdote  n’était pas particulièrement flatteuse. Je crois que tous les Van Cleefophiles savent qu’il était un sacré buveur. Et bien, sur le plateau de The Commander (1988), Van Cleef se vantait à la femme d’Halsey qu’il avait arrêté de boire tout en buvant de la bière. Clairement, pour Van Cleef, tout ce qu’il qualifiait de « boire » c’était l’alcool fort.

AEC: Avais-tu un inspiration précise pour ta personnification de Gus?

EZ: Gus est la progéniture du vilain doutant des actions de son père, ce qui est un personnage classique du Western (pensez à Dennis Hopper dans Sons of Katie Elder [1965] par exemple) et du cinéma en général.

Ma performance ne fut pas inspirée d’un personnage fictif en particulier, mais j’y ai mis de mes insécurités réelles, concernant mes propres problèmes avec mon père. Je suis sûr que tout le monde à ce genre d’insécurités concernant leurs parents, d’une manière ou d’un autre.

AEC: Un des éléments les plus marquants de The Scarlet Worm est l’univers riche et économiquement condensé que vous parvenez à créer en utilisant dialogue et narration. Peux-tu parler des éléments – tels que Pat Garrett se trouvant dans le film – qui pourraient passer par-dessus la tête des néophytes?

EZ: Oui. Le truc de la narration n’est pas quelque chose qu’on voit souvent dans un western, mais nous avons décidé de l’essayer. Et heureusement, ce fut un succès! Je crois que c’est notre scénariste, David Lambert, qui fit référence aux divers montages avec narration en tant que « Goofellas du Far West » ou « Casino western ». La mort de Pat Garret fut incluse seulement pour donner un contexte historique au film et indiquer à quel moment il était situé. Un autre producteur et moi-même que ce n’était pas assez d’information pour que la plupart des audiences déchiffrent que Scarlet est un western se déroulant tard, donc nous avons flanché et avons ajouté « 1909 » à l’ouverture du film. Peut-être était-ce une erreur, je ne suis personnellement pas un fan de tout souligner pour l’auditoire.

On a été qualifié d’ « hommage spaghetti », probablement à cause de la participation de deux grandes stars du spag (van Husen, Halsey), mais nous somme modelés sur les westerns révisionnistes américains qui sortaient à la fin des années 60 jusqu’au début des années 70 (The Wild Bunch, Pat Garret and Billy the Kid, The Hired Hand). The Scarlet Worm vise le réalisme tandis que les westerns italiens sont remplis de surréalisme et exsudent une atmosphère fantastique et loufoque.

AEC: As-tu des plans futures quant à ta carrière d’acteur, ou autre?

EZ: Être un acteur est une façon amusante de gagner sa vie, mais je trouve qu’il est dur d’y trouver une valeur artistique. Je ne me compare pas à Brando, mais je crois que c’est lui qui a dit que c’est « le travail le plus facile au monde ». Je suis d’accord avec ça. J’aime les défis. Je crois pouvoir trouver ce genre de défi derrière la caméra et non devant. C’est mon impression.

Je serai un acteur à nouveau lorsque ce sera économiquement faisable pour un projet que je produirai ou réaliserai, ou si d’autres rôles intéressant se présentent, mais je préfèrerais concentrer mon attention sur d’autres aspects de la réalisation de films.

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Visionnez The Scarlet Worm, sorti  en Blu-ray et DVD en mai, chez Unearthed Films. Ci-bas, trouvez la bande-annonce d’un court-métrage hommage au western spaghetti réalisé par Zaldivar :

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