NOËL DU CAMPEUR
NOËL DU CAMPEUR: SAINT de Dick Maas et RARE EXPORTS de Jalmari Helander se joignent à une longue lignée de Pères Noël sadiques
Kier-La Janisse (Traduction: Emilie Christiansen)
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Nous aimons attaquer nos institutions culturelles avec le cinéma, et Noël – possiblement la journée fériée la plus redoutée, exagérée et asservissante de la planète (que l’on adhère ou non à sa mythologie fondatrice) – est une source régulière des films de genre. Des films de base comme Don’t Open Til Christmas (1984), Silent Night Deadly Night (1984), Black Christmas (1974), Christmas Evil (1980) et le segment “And All Through the House” du film The Tales From the Crypt (1972) sont souvent accompagnés de films de peu de budget comme Santa’s Slay (2005) et Santa Claws (1996)… et tout ceci sans compter les films d’horreur des Fêtes sans Père Noël comme Jack Frost (1997), Gingerdead Man (2005), Black XXX-Mas (1999) et Treevenge (2008)! Les films de genre adorent pervertir les choses qui devraient nous faire sentir en sécurité, et le cinéaste néerlandais Dick Maas s’est spécialisé à faire ceci depuis un certain temps.
Maas, dont l’apparente peur des ascenseurs a donné lieu à deux films sur ces engins mortels (The Lift, 1983 et Down, 2001) ainsi que l’un des slogans les plus immortels de l’ère du vidéo-trash : « Prenez les escaliers, Prenez les escaliers – POUR L’AMOUR DU CIEL, PRENEZ LES ESCALIERS! », revient au film de genre avec Saint de 2010 (ou Sint, la façon qu’il était originalement connu), une approche terriblement tordue du Festival de St. Nicholas du 5 décembre qui domine la saison des Fêtes néerlandaise. Alors que nous connaissons le St. Nicholas comme une « veille âme joyeuse » qui, au pire, nous laissera des roches dans notre bas de Noël si nous avons été mauvais toute l’année, le St. Nicholas néerlandais est un peu plus redoutable dans ses punitions : les vilains enfants peuvent se retrouver dans un sac et expédiés en Espagne (où il y aurait un marché bourdonnant pour les délinquants néerlandais?). Dans Saint, le St.Nicholas folklorique est exagéré avec d’horribles proportions : il est présenté comme un évêque excommunié qui parcourait le Moyen-Âge avec une bande de pillards qui violaient, dévalisaient et tuaient sans discrimination. Lorsqu’il est brûlé par les citoyens en colère d’Amsterdam, il jure qu’il se vengera en revenant tuer leurs enfants chaque fois qu’une pleine lune tombera sur un 5 décembre. Et ainsi commence notre histoire.
Dick Maas est l’un des seuls cinéastes néerlandais qui possède du succès international, mis à part son compatriote Paul Verhoeven (malgré que The Human Centipede a certainement permis au réalisateur Tom Six de gagner un peu de terrain), et Saint nous rappelle pourquoi. Saint possède une structure éprouvée de film d’horreur – un présumé délinquant juvénile se joint à un présumé schizophrène paranoïaque pour essayer d’arrêter une menace surnaturelle dont tous les autres résidents de la ville ne sont pas conscients jusqu’à ce qu’il soit trop tard – mais est fortement imprégné de culture régionale, ce qui rend le tout fascinant pour un spectateur nord-américain. Qui aurait cru que le Père Noël a un esclave nommé Black Peter, et qu’à ce jour, les célébrants néerlandais se maquillent le visage noir pour des reconstitutions historiques? (Cet aspect ethniquement insensible des célébrations des Fêtes néerlandaises s’est fait attaqué au cours des dernières années, sans effet pratique) Mais l’Église n’était apparemment pas très heureuse de la perversion de la mythologie de Noël de Maas et la sortie de Saint dans les Pays-Bas – non moins que le 5 décembre – a suscité des protestations de la part de groupes religieux qui, bien sûr, ont fini pas aider avec la publicité du film de manière significative. Le film marque également les retrouvailles de Maas avec l’acteur néerlandais Huub Stapel, dont les fans nord-américains peuvent se rappeler de lui comme étant l’acteur principal de The Lift et Amsterdamned (1988) – et peut-être encore plus le vidéo troublant que Maas a réalisé pour « When the Lady Smiles » de Golden Earring, dans lequel Stapel reprend son rôle de The Lift de façon humoristique!
Par pure coïncidence, le cinéaste finnois Jalmari Helander a conçu un Père Noël tout aussi punitif pour son propre Rare Exploits (2010), démontrant que le Père Noël n’est effectivement pas si populaire que ça dans les pays nordiques ses jours-ci. Rare Exports exploite une mythologie similaire avec un Père Noël en tant que personnage historiquement malveillant qui est plutôt devenu l’emblème de la générosité pour coïncider avec les besoins commerciaux des Fêtes. Pietari est un jeune garçon qui vit à l’orée d’une forêt dans une région rurale de la Finlande – sa petite maison est tellement isolée qu’il possède à peine la permission d’être à l’extérieur seul, même en plein jour, de peur qu’il ne soit enlevé par les féroces loups qui errent dans la région. Alors qu’il explore des zones de la forêt qui lui sont habituellement hors-limite avec son ami, Pietari découvre que les soi-disant « enquêteurs sismiques » qui ont bloqué l’accès à la montagne pour une recherche géographique sont en fait des entrepreneurs opportunistes cherchant à trouver l’endroit où le Père Noël fut enterré par les villageois il y a des siècles. Il s’effraie en lisant des histoires sur les actes ignobles du Père Noël, des contes qui le dépeignent comme un démon qui brûle les enfants vivants dans son chaudron pour les manger. Alors lorsqu’il semble qu’une apocalypse imminente des Fêtes s’amène sur eux, c’est à Pietari d’enfiler son équipement de hockey le plus protecteur, de prendre un fusil et de protéger son village de la colère du Père Noël. Rapidement, les adultes sont obligés de voir les choses à sa façon et ils établissent un plan pour amener le Père Noël et ses amis à la soumission (comme dans Saint, le Père Noël a d’intéressants amis).
Mais l’alignement moral de Rare Exports est moins évident que l’on pourrait penser. Des pitreries héroïques sont souvent entachées par des motifs financiers, ce qui conduit à des comportements sociaux discutables. Une chose est certaine : aucun personnage de ce film va obtenir des cadeaux de Noël de sitôt.
Collectivement, ces films pointent du doigt à la nature de corruption commerciale du Noël moderne, tout en obtenant le bénéfice de l’aspect de la facilité de promotion d’une fête universelle comme moyen pour vendre ses idées. C’est l’une des ironies qui font de l’horreur un terrain si fertile pour la critique sociale – c’est un genre qui prend plaisir avec les mêmes choses qu’il veut questionner et attaquer, créant un lieu ou les deux sont ok. Mais pour que ces films fonctionnent, ils doivent offrir du divertissement. Saint et Rare Exports offrent tous les deux du plaisir absolu qui leur permettront sûrement d’être à la tête des catalogues d’horreur des Fêtes pour des années à venir.
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RARE EXPORTS est présenté en première Montréalaise le 23 juillet à 19h25 au Théâtre Hall et sera présenté à nouveau le 26 juillet à 15h à la Salle J.A. DeSève. Plus d’information sur la page du film ICI.
SAINT est présenté en première canadienne le 23 juillet à 21h25 au Théâtre Hall, et sera présenté à nouveau le 28 juillet à 12h45 à la Salle J.A. DeSève. Plus d’information sur la page du film ICI.
juillet 23, 2011
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